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La FORCE DU CHANGEMENT

1. Les fondements du discours politique

du candidat Mohamed Khouna Ould Haidalla

MAURITANIENS, MAURITANIENNES CHERS COMPATRIOTES

La Mauritanie est en crise, une crise profonde et grave, à cause de ses institutions, des pratiques du pouvoir actuel, des dénis des droits humains, de la mauvaise gestion des affaires publiques, érigeant en système la corruption et la fraude fiscale et électorale, de la réduction des espaces de liberté, du chômage, de la pauvreté, de la précarité, des inégalités et de la rareté des services sociaux de base et de leur difficulté d'accès.

La Constitution de juillet 1991, malgré ses acquis, comporte de grandes faiblesses et de graves lacunes dont le déséquilibre des pouvoirs qui conduit au pouvoir personnel sans partage, à la domestication du Parlement et de la Justice, à la suppression du sens du service public transformant l'encadrement de l'Administration en simples courtisans. Sous cet aspect, la crise n'est plus seulement politique, elle est aussi devenue morale. Pour redresser cette situation, il devient urgent de réviser la Constitution pour équilibrer les pouvoirs et introduire les bases juridiques permettant la suppression de la culture du pouvoir personnel.

De nombreux citoyens ont été victimes, au cours des dix neuf dernières années, de graves atteintes à leur intégrité physique ou à de graves préjudices matériels et moraux commis hors du droit. La réconciliation nationale est une des conditions sine qua none de la paix civile et pour ce, il faudra réhabiliter les victimes, réparer pour les survivants et les ayant droits des disparus les préjudices subis et intégrer ceux qui ont été spoliés dans la plénitude de leurs droits.

Les affaires publiques sont gérées comme une affaire personnelle. Les objectifs de la politique économique ne sont ni le plein emploi, ni une réduction effective de la pauvreté et des inégalités, mais la concentration du capital et la création de monopoles commerciaux, industriels et financiers qui sont tous liés aux hommes du pouvoir et qui tissent avec tous les centres de décision une toile d'araignée de liens de compromissions binaires créant un code du silence attentatoire même à la notion d'Etat de droit. L'allocation des ressources n'est faite ni pour maximiser les transferts sociaux, ni pour une amélioration de l'aménagement du territoire favorisant les producteurs locaux mais pour récompenser, maintenir ou gagner des allégeances.

Il va falloir entreprendre de nouvelles réformes qui remettent en cause cette opacité et ces liaisons dangereuses et qui favorisent les petites et moyennes entreprises, réviser la réglementation des banques commerciales de telle manière qu'aucun actionnaire ne puisse détenir plus de 10% du capital, redéfinir le degré d'indépendance et de liberté de la Banque Centrale permettant l'égalité de traitement des opérateurs économiques, fixer comme critère principal de l'efficacité de l'économie le plein emploi des jeunes. Suivant les enquêtes effectuées en 2000 et pour le moins 29% de la population souffre du chômage et 72% des chômeurs sont des jeunes de moins de 30 ans.

La réglementation du travail sera révisée dans le sens d'une meilleure protection du travailleur et de l'emploi. Les partenaires seront invités à négocier une nouvelle convention collective pour remplacer celle de 1974 devenue complètement désuète et le nouveau SMIG ne doit pas être inférieur à 30.000 Ouguiyas aux conditions économiques d'octobre 2003.

Les espaces de liberté ouverts par la Constitution de jui'llet 91 et les lois organiques se sont réduites comme une peau de chagrin pour être remplacées par des aires d'arbitraire incluant les prisonniers politiques, les journaux censurés, les médias interdits de diffusion. La garantie constitutionnelle de la liberté d'expression et d'association sera respectée. La censure d'organes de presse et l'interdiction administrative de partis politiques ne pourront plus avoir lieu.

La répartition spatiale et la qualité des services sociaux de base constituent un indicateur des inégalités : l'enseignement et les soins de qualité sont pour les riches citadins tandis que la classe paysanne et les pauvres qui sont en majorité des ruraux sont tributaires des services publics de la santé et de l'éducation complètement délabrés. Il faut organiser les états généraux de l'éducation pour corriger les dégâts causés par les différentes réforme engagées hâtivement sans études préalables et sans concertation. La discrimination dans le traitement des malades est inacceptable moralement et le droit à des soins compatibles avec les moyens de la Nation doit être reconnu à tout citoyen.

L'isolement de notre pays des mondes arabe, africain et musulman nous fait perdre notre âme et nos identités. Il va falloir, dans une vision conforme aux aspirations de notre peuple, replacer notre pays dans son environnement culturel et politique naturel.

Cette crise menace la Mauritanie dans ses fondements et peut la conduire dans une ère de troubles et d'instabilité. Je reste convaincue que les reformes politiques, économiques et sociales que nous proposons permettraient la réconciliation des coeurs et des esprits et l'organisation d'un nouveau pacte social.

source : Directoire campagne CAP


2. Discours prononcé par le candidat Mohamed Khouna Ould Haidalla à l'ouverture de la campagne

«Chers Mauritaniens, chers mauritaniennes,

Notre pays vit aujourd'hui un moment crucial de son histoire et se retrouve à la croisée des chemins à cause de la crise étouffante sur tous les plans.

Dans ce temps où il n'y a plus de place à la tyrannie, les affaires du pays sont administrées de manière unilatérale et les décisions qui touchent au destin sont prises sans en référer aux citoyens.

Cette voie a mené à l'aggravation de la situation politique du pays à cause de l'usurpation des libertés, la dissolution des partis politiques, l'interdiction des journaux, la fraude électorale et donc l'élimination de toute possibilité d'alternance.

De même, cela a mené à l'aggravation de la situation économique à cause de l'iniquité dans la répartition de la richesse du pays, des politiques ayant conduit à l'effondrement de la monnaie nationale et son effet sur la faiblesse du pouvoir d'achat du citoyen en raison de la hausse des prix, de la faiblesse des revenus, du gel des salaires, de l'augmentation du nombre des chômeurs et particulièrement des diplômés dont beaucoup ont émigré hors du pays.

Au plan social, cette voie a conduit à l'effondrement des secteurs de l'enseignement, de la santé et de la sécurité sociale, à telle point que cela menace la vie du citoyen et l'avenir des générations.

Chers concitoyens,

Le plus grand danger de la situation actuelle est l'absence de l'Etat, l'anarchie que connaissent ses institutions de souveraineté, le règne de l'injustice, l'incurie de l'administration, la mauvaise gestion, le pillage des finances publiques, le règne de la corruption et des intérêts particuliers.

Chers concitoyens,

La solution de cette crise réside dans l'attachement à la religion islamique, la mise en place d'une démocratie véritable fondée sur l'équilibre et la séparation des pouvoirs, la préservation des libertés, la neutralité de l'administration et l'indépendance de la justice.

La voie démocratique saine est la seule capable d'assurer la préservation de l'unité nationale, la propagation de la justice et de l'égalité et le respect des droits de l'Homme.

Chers concitoyens,

Notre pays est aujourd'hui en danger et son existence est menacée. Je vous invite à prendre vos responsabilités, à répondre à l'appel de la patrie et à voter pour le projet de changement dont les contours ont été définis dans la déclaration publiée le 1er août 2003.

Ainsi, vous contribuerez à sauver votre patrie par le biais du changement. Grâce à l'alternance pacifique, vous ressuscitez l'espoir et garantissez la stabilité.

Qu'Allah guide nos pas vers l'intérêt du pays et des hommes.

"Je ne cherche que le bien autant qu'en mon pouvoir, Allah seul est mon guide et c'est sur Lui que je compte".

Paix et salut sur vous.

source : Ami



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