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N°10 du 15 novembre 2006 L'ensemble des acteurs politiques sont unanimes pour dire que les prochaines élections promettent d'être honnêtes et transparentes parce qu'elles constituent la rupture avec les élections passées qui étaient truffées de fraudes et le commerce avec les voix. Et cette attente est renforcée par les assurances des autorités de la neutralité de l'administration et la fidélité aux engagements qu'elles avaient pris dans ce domaine ; en plus de la présence parmi nous d'observateurs étrangers et nationaux qui veilleront à la transparence des opérations de vote. S'y ajoute également l'usage du bulletin unique qui limite le recours à la fraude. Malgré tout, cela peut ne pas suffire. Le changement de mentalité des électeurs, la maîtrise des circuits traditionnels du commerce des voix dont les pratiquants sont passés maîtres dans la variation des stratégies de corruption n'est pas une mince affaire. Tout le monde sait que parmi les concurrents dans ces élections il se trouve des partis et des listes indépendantes qui ont une tradition bien ancrée dans les pratiques frauduleuses durant les opérations de vote. Et il sera difficile de leur faire abandonner des pratiques auxquelles ils ont recouru depuis près de quinze ans. Et du fait qu'ils ont perdu l'un des moyens le plus important auquel ils faisaient recours, l'administration, il va s'en dire qu'ils se rabattront sur leur moyen essentiel actuellement, l'argent. Cet argent dont ils se sont procurés d'importantes quantités ces années passées et par des voies pas toujours légales. L'usage de cet argent blanchi sera le recours de ces courtiers pour obtenir les voies de leurs victimes parmi les citoyens qu'ils ont privés de leurs biens et qu'ils s'apprêtent à priver de l'usage de leur devoir légitime. Ces courtiers comptent sur l'argent qui est à leur disposition croyant qu'il leur ouvrira les portes de la future Assemblé nationale et des communes, du Sénat et de la présidence. Seulement leurs rêves vont disparaître devant la prise de conscience des électeurs du fait que leur déception viendra de leur incapacité de comprendre le danger de la corruption et de la famine qu'ils ont créées et qui se retournera contre eux et qu'une nouvelle situation prévaut actuellement dans le pays et elle n'est pas compatible avec de telles pratiques. L'UFP, fidèle à sa culture de dialogue national, base son projet de société sur la concertation entre le pouvoir et les partis politiques d'une part et entre les partis politiques eux-mêmes d'autre part. La société civile et les syndicats sont inclus dans ce dialogue. Par ailleurs, le parti milite pour l'instauration d'une société de progrès, de répartition équitables des richesses nationales, de justice sociale, de diversité culturelle et de tolérance basée sur les nobles préceptes de l'islam L'UFP propose ci-après son projet de société développé sous trois angles différents mais complémentaires. A. Au plan national I. Etablir un ordre de libertés, de progrès et de justice sociale 1. Aider à la signature de pactes nationaux - Promouvoir la signature d'un pacte républicain entre les différents partis du pays. Ce pacte pose les règles du jeu politique basées notamment sur le respect du suffrage, l'alternance politique, les institutions d'organisation et de gestion des élections, les droits de la majorité au pouvoir mais aussi les droits de l'opposition, l'acceptation des résultats - Promouvoir la signature d'un pacte social entre les syndicats des travailleurs, la confédération des employeurs et l'Etat pour garantir la stabilité et assurer un développement qui favorise l'amélioration du pouvoir d'achat de l'ensemble de la population. 2. Instaurer la bonne gouvernance - Protéger et encourager la production nationale notamment dans les secteurs de la pêche, de l'agriculture et de la petite et moyenne entreprise - Assainir la gestion des biens publics et particulièrement des ressources financières provenant de l'exploitation des mines, de la pêche et du pétrole pour les mettre au service du développement du pays - Préserver, renforcer et assainir le secteur public dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la justice, de la distribution de l'eau et de l'électricité, des postes et télécommunications et enfin des infrastructures routières, portuaires et aériennes. - Assainir l'administration publique par la lutte contre l'enrichissement illicite, la corruption et le népotisme - Instituer ou renforcer un organe de contrôle et d'inspection des structures publiques et parapubliques 3. Réduire la fracture sociale et améliorer les conditions de vie des populations - Installer un système de gestion des ressources nationales pour aboutir à leur répartition solidaire et équitable à l'ensemble de la population - Réformer le système fiscal en réduisant la trop forte pression fiscale sur les salaires et faire davantage contribuer les plus riches - Favoriser l'accès aux populations les plus pauvres à l'éducation, à la santé et à la justice par des réformes adaptées - Créer un mécanisme de stabilisation des prix des produits de base et au delà - Instaurer un système de sécurité sociale garanti par l'Etat, fondé sur le principe mutualiste et assurant la couverture sanitaire et sociale de tous (salariés et non salariés) - Créer un fonds national de lutte contre le chômage - Promouvoir le logement social 4. Régler le passif humanitaire - Planifier un retour organisé des déportés et les rétablir dans tous leurs droits. Pendant la période transitoire, effectuer le recensement des déportés en âge de voter et les inscrire sur les listes électorales - Faire la lumière sur toutes les exécutions extrajudiciaires notamment des années 1980-1990 et accorder aux veuves et ayants droits une juste indemnisation de l'Etat - Mettre en place une commission nationale Vérité et Pardon pour faire la lumière sur toutes les périodes sombres de l'histoire de la Mauritanie caractérisées par des atteintes graves aux droits humains dans un esprit de véritable réconciliation nationale de sorte que plus jamais de telles atrocités ne se répètent dans notre pays de tolérance, d'islam. II. Edifier un Etat de droit 1. Garantir les droits fondamentaux - Inclure des dispositions constitutionnelles pour garantir le respect des droits humains - Rendre plus effective la liberté de circulation des personnes et des biens dans tout le territoire national et à l'étranger - Constituer un observatoire pour garantir la consolidation de l'unité nationale - Garantir l'accès de tous les partis politiques aux médias de l'Etat - Renforcer et garantir les droits de la défense et l'indépendance des juges - Encourager la liberté de penser, de s'associer et d'entreprendre 2. Réformer les institutions - la révision de l'ensemble des textes pour les rendre conformes au respect des libertés publiques et individuelles garanties par la constitution. - la révision de la loi sur la presse notamment par la suppression de l'article 11 et l'introduction de la libéralisation de la radio et la télévision sous la supervision d'un haut conseil de la communication. - La réhabilitation de l'esprit et des dispositions de la loi foncière de 1983 notamment en matière de protection des droits des populations locales propriétaires et du domaine de l'Etat contre les abus de l'administration et des forces de sécurité. - La réforme du code électoral et la mise en place d'une commission nationale indépendante de supervision des élections ayant les pouvoirs les plus larges en la matière B. Au plan sous régional - Assurer le rôle de trait d'union de la Mauritanie en sa qualité de pays du Maghreb et de l'Afrique de l'ouest et prêter attention aux facteurs et changements influençant ces deux entités - Etablir des rapports confiants de coopération privilégiés au sein de l'UMA et de l'OMVS - Réintégrer la CEDEAO pour préserver nos intérêts stratégiques et protéger mieux nos nombreux ressortissants C. Au plan international La situation internationale est caractérisée par le renforcement de la mondialisation et de la globalisation dans un contexte d'accentuation de l'hégémonisme américain, de la formation et du renforcement de nouveaux pôles (Europe, Chine) et enfin de l'apparution de pays émergeants principalement asiatiques. Dans ce contexte, notre politique internationale sera construite et exécutée en tenant compte de : - préoccupations des pays pauvres et des populations en matière de réformes structurelles - recherche de la paix et de sa sauvegarde par de justes compromis dans la gestion des conflits qui secouent le monde - soutien aux peuples qui luttent pour l'émancipation et le recouvrement de leurs droits à disposer d'eux même en particulier le peuple de Palestine. - soutien à la lutte des populations contre les pouvoirs dictatoriaux et illégitimes |
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