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20/04/2006: Le chef de l'Etat exhorte tous à assumer leur responsabilité dans l'édification de l'Etat
Nouakchott, 20 avril (AMI) - Le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du Cmjd, chef de l'Etat, a rencontré jeudi au Palais des congrès les responsables politiques et économiques, les responsables des médias et de la société civile pour leur exposer la situation du pays au lendemain du changement du 03 août 2005 et la situation désastreuse dans laquelle la Mauritanie se trouvait ainsi que les acquis et les améliorations opérés depuis. A cette occasion, le président du Cmjd, chef, de l'Etat, a prononcé le discours improvisé dont voici une traduction: ''je saisi cette opportunité pour vous rencontrer, responsables administratifs de l'Etat et acteurs politiques, et vous inviter à cette rencontre pour vous édifier sur un certain nombre de questions et de réalisations accomplies par le Cmjd depuis le changement du 03 août 2005. Comme vous le savez, parmi les principales raisons de ce changement et les engagements pris par le Cmjd, le redressement de la situation politique et économique du pays ou du moins faire le maximum de ce qui pouvait être fait pour en améliorer la situation durant la période de transition en vue d'asseoir les bases d'un édifice à défaut de la redresser entièrement. J'aimerais ici clarifier et sans complaisance un certain nombre de choses car il y va de l'intérêt de l'Etat. J'évoquerais la situation qui prévalait au moment du changement: Il y avait un semblant d'Etat piloté par un appareil politique érigé en lieu et place de l'Etat, de ses institutions et de son administration de telle façon que toutes les questions relatives à la gestion de l'Etat et ses institutions n'ont rien de crédible et ne profitent pas à tous. Les répercussions de cela se sont manifestées par la domination de la seule humeur du responsable de la manière de gérer les ministres, les administrations et les établissements, suivant les alliances et les humeurs. Voila la réalité, et sans complaisance. Nous savons tous que la continuité de notre pays sur cette voie comportait les germes de son éclatement et de sa disparition d'une manière ou d'une autre, surtout que cela concerne des mentalités et les états d'esprit qui ont fait que les porte feuilles et les postes sont attribués aux individus et aux tribus. Les implications de cet état d'esprit ont fait que l'Etat ne fournit plus de prestations aux citoyens, le service public est transformée en faveur accordée par telle personne à telle personne de tel ou de tel établissement. Partant de cela, le citoyen ne traite plus avec l'Etat ni avec ses institutions de manière à ne plus pouvoir détenir ses droits et est désormais à la merci des humeurs et des considérations sélectives, sectaires et personnelles. Cette mentalité a eu pour résultat sur la gestion et le comportement au sein de notre administration l'absence totale du minimum de morale et du sens du bannissement des comportements et agissements irresponsables et répréhensibles à l'égard des biens publics et de la conduite des affaires publiques. La situation à laquelle nous sommes arrivés et que vous avez vécue ne suscite plus d'interrogations car celui qui commet la plus grande trahison, bien que cela soit connu de tous, se transforme en héros. Il fait l'objet du respect et de l'admiration de tous, recevant les tribus et les responsables. C'est aussi valable pour le détourneur des derniers publics connu pour avoir commis le forfait et même pris en flagrant délit et traduit devant la justice pour des faits avérés. En réalité, une nation qui arrive à ce degré de déclin, entretient ces comportements répréhensibles, va infailliblement à sa disparition. Nous ne savons pas comment les autres nations nous regardent. Car il est inadmissible que les voleurs soient pris pour des héros, la trahison pour une victoire. Nos valeurs sont ainsi inversées et nous ne pouvons à cet égard aspirer à l'avenir et à l'histoire. Face à cela, il n'y a pas de choix que de prendre ses responsabilités. Il est inacceptable d'applaudir ceux ont comploté contre les intérêts supérieurs de la nations à plus forte raison accepter de ceux-ci des arguments. J'attire l'attention de tous les mauritaniens qu'ils se doivent de revoir leurs attitudes et comportements vis-à-vis de la chose publique en assumant leur responsabilité au niveau des établissements de l'Etat, des partis politiques et de la société civile sinon nous allons payer cher. Si de telles valeurs persistaient au sein de notre société, il ne peut pas être question du vol ou de pratiques du policier, du gendarme, du responsable de l'administration ou de l'intellectuel car il s'agit d'une question de mentalité et de comportement de société considérée comme la référence. Pour se débarrasser de ces comportements, l'opinion nationale devrait assumer ses responsabilités, s'éloigner de pareille idées et conceptions à commencer par notre intelligentsia, nos responsables qui doivent bannir définitivement de tels comportements pour réparer les préjudices et garantir la pérennité de l'Etat. J'aimerais dans ce sens, réitérer les engagements pris par le Conseil militaire pour la justice et la démocratie pour finir avec ces mentalités. Les mesures que nous avons prises récemment ont permis de recouvrir des centaines de millions d'ouguiyas illégalement dépensées. Ces mécanismes et outils de contrôle seront redynamisés et des moyens humains et matériels leur seront accordés pour en assurer le rendement. Le troisième mécanisme qu'est la cour des comptes continue régulièrement son travail et jouera pleinement son rôle. L'Etat essayera par tous les moyens de choisir les compétences de gestion suivant le niveau, le morale, l'engagement pour l'Etat mauritanien. Sans ces trois critères, le responsable, quelque soit sa responsabilité, ne réalisera rien pour son pays. Je réitère que si la société civile est incapable d'assumer son rôle, il n'y a aucune possibilité d'améliorer la gestion du pays et d'éradiquer le détournement des derniers publics. Toutes les instance de la société civile sont appelées à dénoncer en toute objectivité et sans parti pris les dépassements dans la gestion de la chose publique. Nos portes sont ouvertes à toutes dénonciation objective réelle et avérée car nous ouvrirons une enquête à ce sujet. La presse a son mot à dire et peut aider à la collecte des éléments, leurs publication sans acharnement et sans parti pris. Il sera, dans ce cadre, procédé à la vérification et au contrôle nécessaire. Aussi, les partis politiques ont le devoir de dénoncer tout acte nuisant à l'intérêt général. Leurs leaders peuvent demander à rencontrer des responsables donnés pour attirer leur attention sur de tels comportements. Si tous ces moyens sont redynamisés avec rationalisme dans l'intérêt général, nous atteindrons un seuil acceptable. A titre d'exemple, parmi les résultats des actions entreprises dans ce temps court, la reprise de 100 véhicules qui étaient inutilement utilisés dont 50 ont été affectés à la Ceni et le restant sera utilisé par l'Etat dans l'intérêt général. Depuis le 3 août, il n'y a pas eu de nouvelles ressources; mais malgré tout, et avec l'amélioration de la gestion, nous avons pu augmenter les salaires à hauteur de 50 pour cent et nous avons honoré nos engagements intérieurs de l'ordre de plusieurs milliards d'ouguiya et nous avons pu gérer convenablement les affaires de l'Etat. Tous les résultats ont été obtenus alors que nous sommes en début de parcours, et si le rationalisation atteint un seuil de 70 pour cent, la situation s'améliorera. Notre pays est riche; son problème c'est le bonne gestion. Ses ressources sont importantes et prometteuses d'un avenir radieux si l'intérêt national constitue une finalité et si le rationalisation et les bonnes orientations sont suivies. Et ici je tiens à m'adresser aux hommes d'affaires qui ont des relations économiques avec l'Etat. Ils sont les premiers à dénoncer la corruption et les abus. Et je dis clairement que nous sommes prêts à faire face à nos responsabilités, mais qu'il n y a pas de corruption sans corrupteurs. La loi et la charia islamique les place au même niveau en terme de responsabilité. Il doit y avoir la collaboration de tout un chacun pour que chacun obtienne son droit et s'acquitte de son devoir : ainsi on relèvera le défi et on arrivera à bout de la corruption. Et de toute les façons, nous allons réactiver le contrôle et faire respecter la loi. Mais cela ne veut pas dire que l'on va se passer de l'assistance de l'ensemble et de l'adhésion à la lutte contre la corruption et l'émergence d'une mentalité opposée à la corruption. Je conclus en disant que la confiance des autres est liée à notre confiance en nous-même, surtout que le monde d'aujourd'hui est imbriqué et nul ne pourra y vivre en autarcie. Notre pays a besoin des investisseurs étrangers et ces investissements ne peuvent intervenir dans un pays de brigands. Pour sortir de cette situation, nous devons prendre les mesures qui s'imposent, surtout qu'à plusieurs reprises, j'ai rencontré des hommes d'affaires étrangers pour leur parler des opportunités d'investissement offertes en Mauritanie mais ils m'ont toujours exprimé leur déception suite à des expériences amères qu'ils ont vécues avec des mauritaniens. Ceux qui sont responsables de tels agissements ne se rendent pas compte du préjudice qu'ils se sont causés et qu'ils ont causé au pays. Ils sont dans la même situation que l'administration qui cause les mêmes préjudices à l'image du pays avec les obstacles et le routine excessifs. Je ne vous cache pas que je suis surpris par l'image reflétée par notre pays dans ses transactions avec un monde où la mauvaise et bonne information se côtoient et ont leur incidence fatale sur les relations internationales et les rapports entre les peuples et les nations. Il est impossible que le peuple mauritanien ait confiance en son pays si l'Etat est tel qu'il est. Au contraire, il faut s'attendre à ce que l'Etat soit perçu tel un Etat colonial. Il faut, au minimum, oeuvrer pour établir des liens solides entre le peuple et l'Etat. Et cela ne pourrait se réaliser que lorsque le peuple est traité de manière honnête et de sorte qu'il saisisse que les affaires publiques le concernent et que l'administration et l'Etat sont à son service. Quoi qu'il en soit, il faut prendre conscience de la réalité, être honnête avec soi-même et tenir compte de notre époque pour que notre pays sorte de l'ornière de l'attentisme car comme on dit "il ne pleut pas d'or" et nous serons jugés sur nos actes." |
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