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L'UFP a peur de l'argent (LE CALAME 512 DU 9 NOVEMBRE 2005) L'Union des Forces du Progrès (UFP) a organisé, au lendemain des journées de la concertation, un point de presse à son siège, au cours duquel le président du parti s'est félicité des résultats de la concertation. Pour Ould Maouloud, la plupart des revendications de son parti au cours de ces dernières années ont été reprises par les participants. Il a loué l'esprit d'ouverture et de consensus qui a animé les participants, et surtout rendu hommage à la détermination des nouvelles autorités à assumer leurs promesses. Par ailleurs, les dirigeants du parti ont mis l'accent sur la nécessité d'adopter pour les prochaines élections, un bulletin de vote unique, en vue d'éviter l'aliénation de la liberté de choix des électeurs. En effet, dit, "au cours de ces dernières années, les élections ont été plus compromises par l'achat des voix des électeurs, que par la fraude proprement dite". Les membres de l'ex-parti au pouvoir qui disposaient d'énormes moyens financiers exigeaient des électeurs de rapporter les cartes des autres adversaires politiques. L'introduction du bulletin unique contribuerait donc à limiter ce fléau. Mais se pose le taux imposant de l'analphabétisme des populations. Par ailleurs, l'UFP demande le maintien de la concertation au -delà de la période transitoire. Interrogé sur la situation difficile que traverse le PRDS. Moutapha Ould Bedreddine vice -président du parti a répondu que l'UFP "n'est pour la dissolution d'aucun parti", avant d'ajouter "s'il parvient à surmonter ses difficultés et à vivre comme un parti normal, c'est tant mieux, sinon, tant pis pour lui". Charité bien ordonnée commence par papa! (LE CALAME 512 DU 9 NOVEMBRE 2005) Le moins que l'on puisse dire est que la nouvelle patronne des Nouvelles technologies n'est pas ingrate. Appelée à constituer, entre autres, la liste des maires devant prendre part au sommet mondial sur l'information et les Nouvelles technologies qui aura lieu à Tunis, madame le ministre a rayé le nom du maire UFP de Boghé et a complété la liste (de trois) par le nom de son père, Mohamed Deîna Sow, maire de Rosso et président de l'association des maires de Mauritanie. Le comble, c'est que le maire rayé avait participé, avec les deux autres maires, aux deux premiers sommets tenus respectivement à Genève et à Nouakchott. La ministre viole du coup la loi de la continuité de la formation du maire et surtout transforme le groupe des maires qui devient à 100% PRD(S) (c'est selon). Sous les feux de la protestation, Mme Magnana Sow Deïna a demandé au PNUD d'autres invitations. Aux dernières nouvelles, l'organisation onusienne n'a pas réagi. Alors doit-on nécessairement renvoyer l’ascenseur à Papa, au risque de le voir tomber en panne ? Clôture des journées nationales de la concertation (LE CALAME n° 511 du 31 octobre 2005)
Le chef de l'Etat a procédé, samedi 29 octobre dans la soirée, à la clôture officielle des journées nationales de concertation ouvertes depuis le 25 octobre dernier. Le président s'est dit "ému" par l'élan de patriotisme qui a caractérisé les travaux des participants qui a permis de trouver un consensus sur l'essentiel des points à l'ordre du jour de ces journées. Il a, à cet effet, réitéré la détermination de son équipe à respecter tous les engagements pris depuis le début de la transition, le 03 août dernier. Pour commencer, une Commission électorale nationale indépendante, chargée de conduire le processus de transition, sera mise sur pied dans les jours à venir, conformément aux recommandations des participants.
Dans le domaine scolaire cela s'appelle un tableau d'honneur : un chef de l'Etat qui distribue des notes d'excellence à tout le monde (classe politique, société civile, personnalités indépendantes et membres du gouvernement). Et le président d'argumenter "Je n'ai jamais douté, ne serait-ce qu'un seul instant, de la capacité des Mauritaniens à parvenir à un compromis, et ce, quelle que soit la complexité de la situation dans laquelle il se retrouvent". Le président est on ne peut plus confiant et a du mal à cacher sa satisfaction. Le colonel qui atteste (en hassanya) que les participants ont fait preuve de sagesse au cours de ces journées, promet à maintes reprises que le CMJD et son gouvernement ne failliront pas à leur devoir, celui de mettre en pratique les recommandations confinées dans la synthèse des rapports finaux des différents ateliers thématiques. La commission du processus démocratique se penchera, à travers trois ateliers, sur "la réforme constitutionnelle et révision des textes", "les modalités pratiques de la création d'une commission électorale indépendante" (CENI) et "le processus électoral". Pour ce qui est des propositions de "nature ou à incidence électorale", les participants ont préconisé, dans leur majorité, l'adoption intégrale ou partielle du système de représentation proportionnelle... S'agissant des réformes d'ordre juridique et institutionnel, les participants ont demandé l'adoption du système parlementaire, ou, tout le moins une redéfinition des pouvoirs respectifs du président de la République et du Premier ministre". D'autres ont opté pour le régime présidentiel ou semi présidentiel, les premiers voulant se prémunir contre les dérives dictatoriales des dirigeants, alors que les seconds sont en faveur d'un président qui dispose de pouvoirs suffisants pour éviter les blocages politiques, Sur le bicaméralisme, la question de l'opportunité de l'existence de deux chambres s'est posée, le Sénat étant, sous l'ancien régime, le symbole vivant de la "tribalisalion" du système démocratique dans le pays, il faut s'en prémunir en ne reproduisant pas le même système. Les participants ont également exigé un niveau minimum d'instruction pour toute personne qui postule à la magistrature suprême, l'expérience de Ould Tava ayant visiblement laissé des souvenirs amers à ses anciens sujets. S'agissant de la presse, partenaire pauvre de ces journées (pour n'avoir pas été programmée à l'ordre du jour des travaux, les intervenants ont souligné la nécessité de l'adoption d'une nouvelle loi devant régir la profession et la création d'une haute autorité de l'audiovisuel et de la communication.
Débats sans tabous Les participants ont mis l'accent, au cours des quatre jours de discussions, sur les principaux problèmes et débats traversant la société mauritanienne. Ils ont ainsi souligné les questions du passif humanitaire des années 90 -91, des réfugiés el de l'esclavage. Ces problèmes doivent, selon eux, trouver des solutions appropriées, mais dont l'approche doit être marquée par un esprit de tolérance et de pardon. Les réfugiés devant prendre part aux futures élections, quitte à organiser leur vote dans les camps en attendant leur retour, tout comme il est demandé d'assurer le vote des autres Mauritaniens à l'étranger. Il a été également question de la prise en compte "constitutionnelle" de l'identité nationale et le statut des langues. Le plus important dans l'approche réside dans le fait que ces questions ont été soulevées et traitées avec un esprit d'ouverture et de dialogue, loin de toute attitude réfractaire de la par des uns et des autres. Aussi, quand il s'est agi du retour des réfugiés et des déportés, ou encore de la nécessité de trouver une solution au passif humanitaire, rares sont ceux parmi les participants qui ont cherché à occulter la question. Au contraire, il a été question des modalités pratiques pour les régler. Faut-il envisager leur solution pendant la phase transitoire ou non? Une interrogation somme toute légitime quand on sait les difficultés qu'il y a à étudier ce dossier aux contours quelquefois confus et qui met en rapport plusieurs acteurs et/ou facteurs nationaux et internationaux.
Révision de la constitution Les participants ont adopté, avec de légers amendements, les propositions du rapport. Ils sont ainsi unanimes à propos du principe de la limitation de la rééligibilité du président de la république (voir encadré). D'autre part, le principe de prestation de serment du président de la république est admis, mais la formule de serment proposée doit être plus solennelle et plus contraignante. Le serment devrait porter en particulier sur le respect de l'article 99 (nouveau). Pour ce qui est du fameux article 104, les participants ont exigé son abrogation, car il est jugé illégitime pour avoir été ajouté au texte de la constitution de juillet 91. L'article qui portera désormais (à titre symbolique) le numéro 103 sera reformulé pour garantir à la fois la continuité du droit, et la nécessaire adaptation des lois et règlements antérieurs aux nouveaux droits et libérés consacrés par la Loi fondamentale. Au terme de cette nouvelle formulation, les anciennes continueront de s'appliquer, mais elles devront être harmonisées avec la constitution dans un délai de 3 ans, faute de quoi "tout citoyen pourrait saisir le conseil constitutionnel à propos de ces lois". Le gouvernement s'est engagé à instituer une commission destinée à étudier la conformité à la constitution des lois en matière de libertés. Il a par ailleurs été souligné l'incompatibilité de la fonction du président de la république avec l'appartenance aux instances dirigeantes d'un parti politique. Les propositions du rapport sur les lois électorales ont été adoptées, sous réserve de quelques observations relatives à l'accession des femmes aux fonctions électives. Le principe du quota est ainsi demandé et doit figurer dans la loi. Il est aussi demandé la levée de l'interdiction des candidatures indépendantes, tout en mettant en place des mesures permettant d'éviter les candidatures à connotation tribale ou particulariste. Pour ce qui est de la CENI, les participants ont souligné la nécessité de sa création pour mettre fin à la fraude électorale entretenue jusque là par l'administration. Comme première condition, la CENI doit être dépolitisée c'est-à-dire que les membres des partis politiques ne doivent pas y figurer, même si la nomination de ces derniers (au nombre de 15) doit s'effectuer en concertation avec ces partis. Ils seront nommés par décret, et le bureau sera mis en place dans les jours à venir. La CENI doit disposer des moyens matériels et financiers qui lui permettront de mener à bien son travail. Elle doit assurer le déroulement et le contrôle de toutes les opérations électorales, et gérer leur fichier. Pour la réussite de la transition, les partis politiques doivent bénéficier, préconisent les participants, de financements de la part de l'Etat. Pour ce qui est du processus électoral, les participants ont opté pour un nouveau recensement à vocation administrative de la population, car les anciennes listes (de 2001) ne sont pas fiables. C'est pourquoi il a été souligné la mise en place rapide de la CENI pour conduire justement les opérations de recensement. Le calendrier électoral, lui prévoit un échéancier qui commence par un référendum et s'achève avec la présidentielle. Certains participants ont demandé la tenue concomitante des élections municipales et législatives. BA ADAMA MOUSSA
Journées nationales de concertation politique (CALAME 510 du 26 octobre)
Le Chef de l'Etat vient de lancer officiellement, ce mardi 25 octobre au Palais des congrès de Nouakchott, les journées nationales de concertation politique entre les différents acteurs de la scène nationale. Tout le monde était là. Dirigeants politiques, membres du gouvernement, organisations de la société civile et organisations internationales, tous ont été conviés aux grands débats sur les travaux des commissions interministérielles. Les débats, qui vont durer trois jours (ouverts), devront permettre de parvenir à un consensus entre les différents acteurs pour assurer la réussite de la transition démocratique engagée depuis le 03 août dernier.
"Le pouvoir doit être remis au peuple, 45 ans (depuis l'indépendance) de gestion politique sans le peuple ont conduit à la situation dramatique que l'on sait". C'est en ces termes que le chef de l'Etat a commencé son discours d'ouverture des journées nationales de concertation politique. Et c'est justement pour remettre au peuple ce qui lui revient de droit que la restructuration du 03 août a été entreprise, a dit en substance le président, qui s'exprimait en hassanya. Le Colonel qui, visiblement, n'apprécie pas trop les applaudissements (ou applau-disseurs), est catégorique dans ses propos. Aussi, martèle-t-il, la Mauritanie n'appartient ni à une personne, encore moins à un groupe d'individus, elle appartient à tous et c'est pourquoi tous doivent œuvrer pour son bien -être. Le moment est décisif constate le président, car "le pays se trouve à la croisée des chemins. Si les participants font prévaloir leur patriotisme, ils parviendront à un accord, et sauveront alors le pays des menaces qui le guettent. Si, au contraire, ils ne parviennent pas à s'entendre, ils mettront le pays en danger". C'est pourquoi le chef du Cmjd attire l'attention de toute l'assistance sur la nécessité de mettre en avant "l'intérêt général", et seule cette exigence doit guider les travaux des participants. Il faut, dit le colonel, "privilégier le consensus, notamment pour tout ce qui a trait à l'unité nationale". C'est, selon lui, "le seul enjeu de ces journées". Par ailleurs, le président a rendu un hommage à toutes les organisations internationales ayant saisi le sens de l'action du 03 août et qui ont pris, à cet effet, la décision d'accompagner le peuple mauritanien dans sa détermination à prendre en main son destin.
Des engagements tatillons Après le discours du Président, ce fut le tour des représentants des organisations internationales de prendre la parole. Pour le représentant de l'Organisation de la Conférence Islamique, la Mauritanie est un membre fondateur et éminent de l'organisation. C'est pourquoi FOCI suit avec un grand intérêt le déroulement des événements en Mauritanie et soutient la transition en cours. Ce discours est pratiquement celui tenu par le messager de l'Union africaine au nom de Alpha Oumar Konaré, dont l'organisation s'est engagée, au cours de la 37è session de son conseil de paix et de sécurité, "à prendre les mesures d'accompagnement nécessaires pour la réalisation des objectifs du CMJD". S'agissant de l'organisation internationale de la Francophonie, l'envoyée spéciale de Abdou Diouf note que son institution a levé le 12 octobre dernier la suspension de sa coopération avec la Mauritanie prise au lendemain du coup d'Etat. Pour ce qui est de la délégation des Nations -Unies, il s'agit d'évaluer les conditions techniques, judiciaires et politiques pour une transition réussie. C'est dire que du résultat des débats en cours dépendra l'engagement des Nations -Unies en faveur ou non de toute forme d'assistance électorale. Le représentant du Maghreb Arabe, lui aussi, versera dans la même logique. Les engagements des uns et des autres pour soutenir le pays dans la phase actuelle sont tatillons. Seul le représentant régional au niveau de l'Afrique de l'Ouest des États de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, a tenu un discours qui exprime de manière claire un soutien total aux nouvelles autorités, et qui reconnaît que des progrès politiques significatifs ont été enregistrés depuis le 03 août dernier. C'est ainsi qu'il a assuré que les ambassadeurs de l'ACP ne ménageront aucun effort pour faire comprendre à leurs partenaires de l'Union européenne la nécessité qu'il y a à soutenir la transition en Mauritanie. Il a aussi demandé à l'Union africaine de faire un signal fort en faveur de la Mauritanie et surtout de faire mieux comprendre aux partenaires étrangers de l'organisation le sens du changement intervenu dans ce pays. Cette franchise de l'émissaire de l'ACP n'a pas laissé indifférent le chef de l'Etat qui a repris le micro d'abord pour remercier tous les représentants d'organisations internationales ayant fait le déplacement de Nouakchott, ensuite pour remercier de manière particulière l'émissaire des Etats ACP. Le président notera que les Etats ACP sont "très représentatifs de l'Afrique".
Obligation de résultat Les retrouvailles nationales de ce mardi doivent permettre à la fois de trouver un consensus autour duquel doit se dérouler la transition démocratique en cours dans le pays et de dépassionner un paysage politique min par des clivages vieux comme le processus de démocratisation lancé en 1991 sous le régime déchu. Car pour la première fois dans l'histoire du pays, une rencontre de ce genre est initiée, permettant à chacun d'exprimer son point de vue par rapport à la réalité politique économique et sociale du pays. Les enjeu> sont énormes et la retenue doit être de mise pour éviter tout dérapage. Les commissions interministérielles proposent dans leurs différents rapports de traiter des reformes constitutionnelles, notamment par rapport à la dura du mandat présidentiel, de combien de foi; peut-il être renouvelable, de la nécessité de reconduire le sénat, d'instituer une commission électorale nationale indépendante, d supprimer l'article 104, d'assurer une bonne gouvernance et de permettre aux citoyen; d'avoir les mêmes chances devant les opportunités offertes par l'Etat, de redresser la justice... etc Mais certains notent avant même que les débats ne commencent l'absence di certains thèmes pourtant incontournables que sont la question de l'esclavage, du passif humanitaire et du retour des réfugiés. Certain: partis ont transmis dès l'entame de la première plénière des documents à titre de contribution aux débats. Une manière subtile de participer a posteriori aux travaux des commissions auxquels ils n'avaient pas été associés Ce qui a provoqué aussitôt le courroux de certains qui ont demandé a ce que les contributions se fassent verbalement. Quelles que soient les divergences des points de vue des uns et des autres, les participants doivent avoir en ligne de mire l'intérêt suprême de la nation car aucune autre considération, aussi légitime soit -elle, ne pourrait justifier l'absence de consensus au sortir de ce qu'il est convenu d'appeler une conférence nationale, quoique inédite et peu souveraine. Autant les participants ont une obligation de résultat, autant la communauté internationale, notamment l'Union africaine, doit apporter son soutien au peuple mauritanien qui a dans son ensemble plébiscité l'action du 03 août dernier. Qui disait "qu'il vaut mieux avoir tort avec le peuple que raison contre lui?" Le CMJD a peut-être tort, mais il a jusqu'ici le soutien du peuple mauritanien. BA ADAMA MOUSSA |
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