"L'APP et le RFD accusent l'UFP de saper l'unité de l'opposition"
En raison des vives tensions qui ont secoué le pays depuis la découverte de prétendus complots visant à renverser le régime, jusqu'à la rocambolesque arrestation de Ould Hanena et l'ouverture du procès des militaires putschistes, on en été presque arrivé à oublier la vie des partis politiques de l'opposition. Pourtant, aujourd’hui, une polémique est en train de naître entre l’UFP et les autres partis concernant l’attitude à adopter face au Pouvoir.
Il faut dire qu'entre les incarcérations de leaders islamistes et les inculpations de grands leaders de l'opposition (Mohamed Khouna Ould Haïdallah, Ahmed Ould Daddah et Dr Ould Horma) accusés d'avoir financé "les Cavaliers du changement", les activités de ces partis se voient noyées par une actualité politique riche en rebondissements. Les attentions sont plutôt focalisées aujourd'hui sur la tournure que prendra le procès et surtout le sort réservé à ces quelques grandes figures de l'opposition. Toutefois malgré ces événements qui tiennent en haleine l'opinion publique nationale, l'APP et le RFD maintiennent toujours le calendrier de leurs activités. Ainsi au RFD le chargé de mission a indiqué que plusieurs meeting sont prévus et certains se sont d'ores et déjà déroulés à Toujounine, Teyarett, Arafat et à Dar Naïm. D'autres sont prévus entre le 20 décembre et le 24 janvier 2005, dans les moughataas d'El Mina, de Riyad, du Ksar et de Tevragh Zeina.
Par rapport à la situation politique du pays, le RFD a estimé qu'il ne prendra langue avec le Pouvoir qu'à partir du moment où les conditions du dialogue véritable sont réunies. Pour sa part l'APP s'attelle à la mise en place de ses nouvelles structures qui ont vu le jour après le congrès de septembre dernier. Il est prévu également une large diffusion des travaux de ce congrès tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger.
En outre, l'APP entend initier une tournée du parti chez les réfugiés du Sénégal et du Mali.
Concernant la division de l'opposition et les accusations portées par chaque camp contre l'autre, ce parti estime qu'il faut trouver les voies et moyens de création d'une coordination d'opposition qui mettra en place une plate-forme minimale pour constituer une alternative plus crédible. L'APP considère face à l'actualité politique qu'il faut arriver à un dialogue afin d'éviter les dérapages qui pourraient suivre le procès. C'est ainsi que ce parti demande l'ouverture d'un dialogue franc et sans conditions avec le pouvoir, des discussions qui doivent être ouvertes à tous les acteurs politiques sans exclusives note-on au sein de cette formation politique. Pour cela on considère à l'APP que l'opposition devrait parler d'une seule voix plutôt et condamner les positions singulières prises par certains partis.
C'est ainsi que le parti de Messaoud Ould Boulkheir, tout comme d'ailleurs le RFD, dénonce le cavalier seul de l'UFP qu'il ne considère d'ailleurs pas comme faisant parti de l'opposition. Pour étayer cette accusation on souligne dans ce parti que l'UFP avait déjà quitté le groupe parlementaire de l'opposition à cause du travail de sape qu'elle organisait contre celle-ci et que c'est une fois que l'opposition s'était entendue pour présenter une plate forme commune au pouvoir (il ne restait selon l'APP que les signatures) que le parti de Ould Maouloud aurait "vendu la mèche" en se faisant recevoir toute seule au palais ocre. L'APP juge que tout dialogue qui ne traite pas des vrais problèmes du pays ne serait que superficiel et sans enjeux. C'est pourquoi on estime au sein de ce parti que les dialogues initiés par l'UFP sont sans intérêts et ne servent en réalité que le pouvoir qui se targuera ainsi d'avoir une opposition dite responsable. Pourtant on note dans ce parti que le contact n'est pas complètement rompu avec l'UFP. D'ailleurs Ould Daddah, Ould Boulkheir et Ould Maouloud se sont rencontrés il y a quelques jours pour discuter de la situation actuelle du pays. Cependant aucune déclaration n'a émané de cette rencontre au sommet.
Pour l'APP la question actuelle ne concernerait pas la nécessité du dialogue pour décrisper la situation politique du pays mais plutôt sur l'opportunité d'une telle rencontre si l'on sait que plusieurs responsables de l'opposition attendent de comparaître au procès dit des militaires putschistes.
Par ailleurs à l'APP on souligne que malgré les bonnes dispositions de l'opposition qu'il faudrait que le Président Ould Taya se montre réceptif à l'idée d'un tel dialogue car il ne saurait être question de discuter avec le pouvoir sans évoquer les problèmes de fonds dont le passif humanitaire ; chose semble-t-il dont le Président ne voudrait pas entendre parler. Pour ce parti il convient que le pouvoir arrête sa gestion unilatérale des grands problèmes du pays et qu'il s'assoie enfin en face de l'opposition pour le mieux être du pays.
Birome Guèye (Eveil n°560 du 21 décembre 2004)