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Ahmed O. Sidi Baba à Nouakchott Info : "La tentative de putsch était une atteinte grave aux fondements de la République"


Violence armée et République (Par Abdoulaye Ciré Bâ)

Le Front Populaire "réaffirme solennellement et avec force son attachement aux valeurs démocratiques et à l'alternance pacifique par les urnes comme seule voie de changement politique..."

L'APP met "en garde le pouvoir contre le recours à des mesures de rétorsion anarchiques car ceci peut conduire - Dieu nous en préserve- à des résultats opposés dont le peuple mauritanien tout entier payera les frais et qui ne profiteront à personne ..."

Le PMRC "reste persuadé qu’un changement légal et profitable pour notre pays ne peut résulter que des urnes et non des armes."

L'Ufp réitère sa politique de dialogue et invite le gouvernement "à prendre l’initiative d’une large concertation entre tous les acteurs pour décrisper et pacifier totalement la scène politique, promouvoir le dialogue, obtenir la réprobation unanime de tout recours à la violence et aboutir à un compromis national politique..."

Le RFD "en appelle ... à un débat entre tous les mauritaniens en vue de conjurer les dangers ...."

Ligue Mauritanienne des Droits de l'Homme (LDMH) "condamne le recours à la force et l'utilisation de la violence comme moyens d'accession au pouvoir..."

Le RDU appelle à "l'enracinement de la culture démocratique chez tous les acteurs de la vie politique et associative du pays à travers le dialogue et la tolérance."

Le PTUN "demande à cette occasion à ce qu'un dialogue national soit ouvert avec tous les partis politiques".

L'UNDD "Invite le Gouvernement Mauritanien à tirer toutes les leçons afin que la Mauritanie n'ait plus à connaître de pareilles situations"

L'AJD "exige que toute la lumière soit faite sur ces évènements malheureux et lance un appel au gouvernement pour ouvrir les voix d'un dialogue national sur tous les problèmes nationaux en vue de leur trouver une juste solution."


Hommage à un homme dont j'aurais aimé être l'ami


Front Populaire (FP)

DECLARATION RELATIVE A LA TENTATIVE DE COUP D'ETAT

La Mauritanie vient de connaître une tentative de coup d'état militaire avortée. Des combats à l'arme lourde d'une violence inouïe entre des unités de l'armée, un exode massif de la population de la capitale, des scènes de pillage, des victimes civiles et militaires ; du jamais vu dans cette contrée paisible et pacifique depuis la nuit des temps.

Deux jours de chaos, de débandade, de désarroi, d'incertitude, d'anarchie et d'absence totale d'état qui ont jeté le pays au bord du pire, de la guerre civile.

Cet acte ignoble, répréhensible et condamnable soit-il, n'est pas le fruit du hasard et est loin de constituer une surprise pour tout observateur averti. C'est le résultat et l'aboutissement d'une voie qui ne peut mener qu'à l'impasse, car ignorant l'intérêt suprême de la nation ; une politique dont les pendants sont :

- le règne de l'arbitraire se manifestant notamment par la violation systématique des libertés et des droits de l'homme, la dissolution infondée des partis politiques, l'emprisonnement sans preuves de leaders d'opinion, la censure, le culte de la personnalité...,

- La concentration excessive et monopolistique de la richesse nationale entre les mains d'une poignée d'individus ;

- La paupérisation programmée de la population ;

- Une unité nationale fortement entamée par des agissements irresponsables et irréfléchis ;

- Le piétinement de nos valeurs civilisationnelles ;

- Une politique étrangère dictée par des considérations particularistes .

Aujourd'hui notre pays récolte le fruit amer de cette politique qui représente une menace sérieuse sur la cohésion nationale. Les événements de ces derniers jours constituent une leçon dont les enseignements doivent être tirés pour éviter tout risque éventuel de dérapage qui pourrait être fatal. La responsabilité en cela incombe au premier chef au pouvoir qui doit faire preuve de sagesse, d'esprit de tolérance et d'initiative.

Cela passe du point de vue de notre parti par une ouverture politique réelle et sincère matérialisée rapidement par une concertation avec l'ensemble des forces vives de la nation et particulièrement les partis politiques d'opposition devant mener à un dialogue national couronné par la formation d'un gouvernement d'union nationale. Cela passe également par une distribution juste et équitable de la richesse nationale en vue de l'émergence d'une classe moyenne garante d'une stabilité pérenne ; la réhabilitation et la reconnaissance du rôle primordial et majeur de l'opposition démocratique et de la société civile ; la dépolitisation et la réorganisation de l'armée pour en faire une armée républicaine au service de la démocratie et de la patrie ;

l'abandon de l'espionnite et du renseignement érigés en politique dont l'inefficacité et la nuisance sont évidentes aujourd'hui ; une politique étrangère soucieuse et respectueuse de nos valeurs morales et religieuses ...

Le Front Populaire, profondément préoccupé par les événements graves qui viennent de secouer notre pays :

• condamne énergiquement et sans ambages la tentative de coup d'état militaire meurtrière, anachronique et antidémocratique ;

• réaffirme solennellement et avec force son attachement aux valeurs démocratiques et à l'alternance pacifique par les urnes comme seule voie de changement politique ;

• présente ses condoléances et sa compassion aux familles des victimes militaires et civiles dont la disparition endeuille l'ensemble du peuple mauritanien ;

• lance un appel pressant à toutes les forces vives de la nation, toutes obédiences politiques confondues, pour une prise en conscience effective de leur responsabilités devant la situation actuelle.

Nouakchott, le 10 jujn 2003 LE COMITE PERMANENT


Alliance Populaire Progressiste (APP)

DECLARATION

Le peuple mauritanien dans son ensemble, et en particulier les populations de la ville de Nouakchott, a connu une situation difficile d'insécurité au cours des deux (2) derniers jours, suite à une tentative de coup d'Etat conduite par des officiers de l'Armée Nationale, tentative qui a visé la prise du pouvoir par la violence et qui a occasionné des pertes humaines et des dégâts matériels.

Nous, Alliance Populaire Progressiste, partant de notre position de principe qui rejette la logique des coups d'Etat et des régimes militaires, et de notre attachement à la démocratie comme unique procédé garantissant l'alternance pacifique au pouvoir par l'intermédiaire des urnes,

1. Tenons à rappeler aux forces armées que leur rôle consiste à défendre l'intégrité territoriale du pays et la protection du citoyen et des acquis nationaux;

2. Rappelons que !a situation catastrophique que connaît le pays dans tous les domaines et qui se caractérise par l'impasse de l'horizon démocratique, la politique d'exclusion, les arrestations arbitraires répétées, la traque des leaders d'opinion et la censure des journaux, en plus de la détérioration de la situation économique et sociale, constitue un réel danger pour le pays et peut être à l'origine d'explosion dont les conséquences seront néfastes, si une solution ne lui pas est apportée ;

3. Réaffirmons comme nous l'avions fait plus d'une fois et à toute occasion que la pratique de la démocratie et ce qu'elle induit comme exigence de transparence, de justice sociale et d'égalité, constitue l'unique garantie de stabilité et de sécurité ;

4. Mettons en garde le pouvoir contre le recours à des mesures de rétorsion anarchiques car ceci peut conduire - Dieu nous en préserve- à des résultats opposés dont le peuple mauritanien tout entier payera les frais et qui ne profiteront à personne ;

5. Présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes de ce douloureux et à tout le peuple mauritanien ;

6. Appelons tous les mauritaniens à faire preuve de clairvoyance et de patriotisme pour l'instauration d'une démocratie réelle et transparente.

Alliance Populaire Progressiste

Fait à Nouakchott, le 10 juin 2003


Parti Mauritanien pour le Renouveau et la Concorde (PMRC)

Nouakchott, le 09 juin 2003-06-12

Communiqué de presse

Le Parti Mauritanien pour le Renouveau et la Concorde condamne énergiquement la tentative de coup d’état qui vient de plonger notre pays dans 36 heures d’incertitude absolue et de désarroi total de la population.

Le Parti Mauritanien pour le Renouveau et la Concorde présente ses vives condoléances à toutes les familles touchées par cette action illégale visant à renverser un régime légitime et à déstabiliser politiquement et économiquement notre pays.

Notre parti reste persuadé qu’un changement légal et profitable pour notre pays ne peut résulter que des urnes et non des armes.

Le Parti Mauritanien pour le Renouveau et la Concorde présente ses félicitations au Président de la République tout en implorant son pardon pour ceux parmi les révoltés qui ont simplement été impliqués dans cette action négative et son indulgence pour les autres.

Le Secrétaire Général

Moulaye El Hacen Ould Jied


Union des Forces de Progrès (UFP)

Déclaration : A propos de la tentative de coup d’état du 08 juin 2003

Du dimanche 08 au lundi 09 juin 2003, la Mauritanie a vécu 30 heures d’affrontements violents et meurtriers entre troupes loyalistes et putschistes, en lutte à mort pour le contrôle du pouvoir.

Le bilan est un désastre sans précédent : des dizaines de morts et de blessés civils et militaires, des scènes d’exode massif d’une population terrorisée prise entre deux feux, ne sachant où s’abriter, une absence totale de pouvoir dans une ville désormais à la merci de centaines de criminels échappés de la prison civile et qui se livrent au pillage au grand jour (établissements publics, habitations…).

L’ensemble du pays allait droit vers l’abîme d’un chaos total et sanglant.

On ignore encore les vraies intentions des conjurés. Ils cherchaient visiblement à renverser un pouvoir contesté par une grande partie de l’opinion, ils ont en tout cas failli provoquer un effondrement général de l’Etat et de la paix civile aux conséquences incalculables.

L'Union des Forces de Progrès a toujours redouté qu’une telle tragédie ne se produise. Dans ce sens, elle n’a cessé depuis 1998 de mettre en garde l’ensemble des acteurs contre tout recours au putsch et à la confrontation violente pour résoudre les crises politiques, sociales et économiques dans le contexte actuel dangereux pour l’Afrique, les pays arabes et le monde.

Notre parti, qui s’oppose à tout retour au régime d’exception et qui prône l’enracinement et l’élargissement de la démocratie :

1. Condamne fermement l’idée même de ce putsch comme de toute autre aventure violente, indépendamment des intentions de ses auteurs, pour les grands périls qu’elle fait courir à la paix civile, à l’existence de l’Etat et au processus encore fragile de démocratisation ;

2. Exprime ses condoléances les plus attristées et sa compassion à l’Armée Nationale ainsi qu’à toutes les familles des victimes tombées au cours de ces évènements douloureux.

Mais comment en est- on arrivé là ? La question doit être au centre de notre méditation à tous pour tirer les leçons de cette alerte sanglante afin qu’elle ne se reproduise pas.

Les évènements du 08 juin ne sont pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Ils se sont produits à la faveur d’un contexte délétère marqué par la crispation et la rupture entre le pouvoir et l’opinion publique. Ils démontrent que rien n’est plus cher à notre pays et à notre peuple que la stabilité et la paix. Ils prouvent aussi que pour se prémunir de l’instabilité et du désordre sanglant, pour préserver la pérennité de l’ordre républicain, le rempart véritable ne saurait être ni le verrouillage policier, ni la mobilisation douteuse de courtisans, mais plutôt un Etat de droit qui consacre la primauté de la loi, qui garantisse une plus juste répartition des richesses nationales et la légitimation des institutions constitutionnelles par un système électoral transparent

La gestion de la suite des événements douloureux du 08 juin est, à cet égard, déterminante.

Dans ce souci, nous appelons instamment le pouvoir :

1. A œuvrer surtout à panser les blessures, à éviter l’engrenage de la crispation et de la répression aveugle et à traiter ce problème gravissime avec le discernement politique approprié ;

2. A prendre l’initiative d’une large concertation entre tous les acteurs pour décrisper et pacifier totalement la scène politique, promouvoir le dialogue, obtenir la réprobation unanime de tout recours à la violence et aboutir à un compromis national politique pour l’approfondissement de la démocratie, la sauvegarde de la République, l’unité nationale et la paix civile ;

3. A réorganiser les forces armées et de sécurité sur une base républicaine, en les mettant en particulier à l’abri des frustrations liées à la misère matérielle et morale.

4. A libérer tous les détenus d’opinion, privés de leur liberté antérieurement aux récents évènements.


RASSEMBLEMENT DES FORCES DEMOCRATIQUES RFD

Déclaration

Les 8 et 9 juin 2003, une tentative de coup d’état militaire a secoué la Mauritanie entraînant des pertes humaines civiles et militaires ainsi que de nombreux blessés.

Le RFD, en cette douloureuse circonstance, présente ses condoléances les plus attristées à toutes les familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble du peuple mauritanien.

Ces événements tragiques qui sont le reflet de la crise profonde que traverse le pays, nous interpellent tous.

Il ne semble malheureusement pas que le pouvoir, responsable de cette situation, en ait tiré les leçons.

La logique de la force et de la violence qui conditionne le système de dévolution du pouvoir depuis un quart de siècle a atteint, en cette tragique circonstance, son paroxysme en même temps qu’elle a montré ses limites.

Le RFD a toujours rejeté par principe et dans la pratique la violence comme moyen d’accession au pouvoir.

Notre Parti rappelle que les principes démocratiques inscrits dans la constitution et les lois subséquentes – libertés individuelles et collectives – tolérance et respect des Droits de l’Homme y compris le droit à une vie digne et sécurisée – justice égale pour tous – respect de la diversité d’opinion – principe d’alternance dont le peuple est seul arbitre – constituent le socle sur lequel doit reposer une démocratie véritable.

Le respect par tous de ces principes constitue la seule garantie de la paix et de la stabilité dans le pays.

Le RFD saisit cette occasion pour saluer le comportement hautement responsable de notre peuple qui a su, pendant ces deux jours de vacance de pouvoir, préserver la paix, la sécurité et les biens des citoyens.

En cela, il mérite le respect et la confiance que les autorités lui ont toujours déniés.

Le RFD en appelle à tous pour une solution humaine et tolérante à cette grave crise et au-delà à un débat entre tous les mauritaniens en vue de conjurer les dangers de l'impasse politique actuelle et de préserver la cohésion sociale.

Le Comité permanent

Nouakchott, le 11 juin 2003


Ligue Mauritanienne des Droits de l'Homme

La Mauritanie a été secouée , du samedi 7 au lundi 9 juin 2003, par une tentative de coup d'État d'une rare violence.

Ce coup d'État qui visait à destituer le Président de la République démocratiquement élu et renverser les institutions de l'État va à l'encontre de tous les principes de droit qui fondent la démocratie et la libre expression populaire.

La ligue Mauritanienne des Droits de l'Homme (L.M.D.H.) condamne le recours à la force et l'utilisation de la violence comme moyens d'accession au pouvoir ; procédés antidémocratiques qui conduisent à l'aventure et détruisent les bases de l'État de droit.

La L.M.D.H. présente ses condoléances aux familles des victimes; et invite toutes les organisations des droits de l'homme à dénoncer avec la plus grande fermeté de tels agissements contraires à tous les principes de liberté , de paix et de démocratie.


RASSEMBLEMENT POUR LA DEMOCRATIE ET L'UNITE (R.D.U.)

COMMUNIQUE de PRESSE

Le Secrétariat national du RDU, réuni ce mardi 10 Juin 2003, à Nouakchott, après avoir passé en revue les événements de dimanche et lundi derniers, rend grâce à ALLAH, LE TOUT PUISSANT pour avoir préservé la MAURITANIE. Le R.D.U :

- condamne sans réserve la tentative de coup d'Etat et ses auteurs

- réaffirme son soutien indéfectible au Président de la République, initiateur du processus démocratique et Chef de la majorité présidentielle;

- présente ses condoléances aux parents des martyrs tombés au champ d'honneur pour la défense du pays et prie ALLAH LE MISERICORDIEUX de les accueillir en Son paradis

- rend un vibrant hommage aux forces armées nationales et les félicite pour leur unité et pour leur réaction républicaine au service de la constitution et des institutions du pays

- Félicite les forces de sécurité pour leur attitude remarquable dans la protection des personnes et des biens.

- appelle les partis de l'opposition, véritablement démocratiques, à condamner, sans équivoque, la tentative de putsch.

Ceci dit, il est évident pour tout le monde, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, que la tentative de putsch n'a bénéficié du soutien d'aucune force politique ou militaire organisée et n'était dictée que par la rancœur égoïste et le dépit stupide de ses auteurs ;

Il ne s'agissait donc pas d'un acte politique inspiré par des motivations d'ordre national.

Malgré cela, elle vient cependant nous rappeler que rien n'est jamais définitivement acquis, la démocratie moins que toute autre chose car ses règles qui s'appliquent indifféremment à tous peuvent parfois être détournées au profits des liberticides.

Face aux dangers inhérents à sa nature, la démocratie n'a d'autre choix que de développer les armes à sa disposition :

- la responsabilisation du citoyen;

- l'enracinement de la culture démocratique chez tous les acteurs de la vie politique et associative du pays à travers le dialogue et la tolérance. Pour atteindre ces objectifs, il n'y a pas d'autres moyens que la conjugaison des efforts de tous.

C'est pourquoi le R.D.U en appelle aux acteurs politiques aussi bien de la majorité que de l'opposition, aux syndicats et aux mouvements associatifs pour qu'ensemble ils prennent la mesure de leurs responsabilités dans la défense des valeurs démocratiques et des principes fondateurs de la République, donc dans l'édification d'une tradition démocratique mettant le pays à l'abri des aléas du genre de celui que nous venons de vivre.

En l'occurrence, une charte éthique, à laquelle le R.D.U. appelle depuis sa création en 1991, devra, de manière urgente, traduire la volonté de ces acteurs à oeuvrer dans ce sens.

Le R.D.U


Parti du Travail et l’Unité Nationale (PTUN)

COMMUNIQUE

Réuni le 10-06-03 au siège central du PTUN à ARAFAT le bureau exécutif a analysé le problème qui a bouleversé notre capital 48 h durant environ .

A la suite des débats , houleux dans le bureau du PTUN le parti a fermement condamné le putsch de la nuit du 7 et invite tous les partis politiques à condamner cet acte anti-démocratique, et quelque soit ses raisons.

- C'est ainsi que le PTUN compatit au malheur des familles des victimes et leur présente ses condoléances les plus attristées

- Outre ces points essentiels le PTUN demande à cette occasion à ce qu'un dialogue national soit ouvert avec tous les partis politiques pour analyser et prôner une politique qui permettrait d'éviter des situations provoquant des mécontentements suscitant des hostilités de ce genre.

Le bureau Exécutif


UNDD

DECLARATION DE SOUTIEN

Le Comité Permanent du Parti Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) a été convoqué le jeudi 12 Juin 2003 à 10 heures en réunion extraordinaire sous la présidence de Monsieur Koita Tidjane, Président du Parti, Sénateur de Kaédi.

Lors du jour de cette réunion comportait un point unique : Troubles Provoqués par l'insurrection armée du 8 et 9 Juin 2003 à Nouakchott.

Après analyse approfondie de la situation qui prévaut et ses implications graves sur les institutions démocratiques, le Comité Permanent de l'UNDD a décidé de la publication de la déclaration suivante :

1°) Soutien sans réserve son Excellence Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya,

Président de la République en ces circonstances exceptionnelles que traverse l'histoire de notre peuple ;

2°) Adresse ses chaleureuses félicitations au Chef de l'Etat Son Excellence Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya pour son courage et sa détermination pour avoir lui même dirigé les opérations qui ont mis en échec la tentative criminelle des insurgés ;

3°) Salue nos vaillantes Forces Années pour avoir sauvé la République et ses institutions de la dérive de ces aventuriers, chauvins et racistes ;

4°) Condamne énergiquement toutes tentatives de conquête du pouvoir par les armes au mépris des régies et des principes les plus élémentaires de la démocratie. En considérant que notre pays s'est doté de la loi fondamentale (constitution) depuis juillet 1991 et par conséquent, toute épreuve de force pour accéder au pouvoir est considérée dans un Etat de droit comme un acte criminel ;

5°) Invite tout le peuple mauritanien à redoubler de vigilance pour barrer le chemin aux ennemis de la nation afin d'éviter à notre patrie, le désordre et l'anarchie aux conséquences incalculables ;

6°) Invite le Gouvernement Mauritanien à tirer toutes les leçons afin que la Mauritanie n'ait plus à connaître de pareilles situations ;

7°) Adresse ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes tombées au champs d'honneur pour la défense de la patrie.

Qu'Allah nous Protège.

Vive la Mauritanie

Vive la République

LE COMITE PERMANENT


AJD

Nouakchott, le 11/06/2003

DECLARATION relative au Putsch avorté

La nuit du samedi 7 juin, le dimanche 8 et le lundi 9 Juin 2003, les Nouakchottois ont passé des moments cauchemardesques, suite à une tentative avortée d'un coup d'état perpétré par un groupe d'officiers de l'armée nationale.

Dans le principe et au regard de l'Etat de la Démocratie dans notre pays, le recours à la violence pour parvenir au pouvoir, constitue historiquement une régression, un anachronisme et un contre-sens.

L’AJD, à ce titre condamne ce putsch manqué et présente ses condoléances à toutes les familles qui y ont perdu un des leurs.

Cela dit, il est également nécessaire de se poser des questions sur le mode de gestion du pouvoir pour comprendre ce qui s'est passé.

Si au Sénégal et au Mali, pays voisins de la Mauritanie, l'idée de coup d'Etat ne peut germer dans la conscience d'aucun soldat, en raison du processus démocratique exemplaire, par contre en Mauritanie celui-ci est conduit unilatéralement par le pouvoir de Ould Taya de telle sorte qu'il ne peut enfanter que des événements regrettables de ce genre.

L'opposition légale qui a renoncé à toute forme de violence pour privilégier la conquête du pouvoir par les urnes est paradoxalement mise hors jeu et ignorée par le pouvoir en place.

Le refus du dialogue, de la concertation prévaut de plus en plus dans la gestion des affaires de l'Etat depuis que Ould Taya est au pouvoir. Rappelons pour mémoire, l'acharnement pendant plusieurs années de ce même pouvoir sur la communauté négro-africaine, sur la base des préjugés, des intentions non avérées, qui se sont soldés par la mort de plusieurs centaines de personnes et la déportation des milliers d'autres. Les entraves à la liberté, à la démocratie, aux droits de l'homme pèsent lourdement sur le bilan du Régime en place :

- Les partis politiques sont dissous à volonté ;

- La presse indépendante censurée à volonté ;

- Les hommes politiques emprisonnés à volonté.

La combinaison de tous ces facteurs, crée un climat de frustration pour l'immense majorité de notre peuple.

L'AJD exige que toute la lumière soit faite sur ces évènements malheureux et lance un appel au gouvernement pour ouvrir les voix d'un dialogue national sur tous les problèmes nationaux en vue de leur trouver une juste solution.

Au-delà du discours délirant qui présente la Mauritanie comme un paradis démocratique où tout va pour le mieux et dans le meilleur des mondes, une chose est sûre, aucune démocratie viable ne saurait se greffer sur une niche de problèmes non résolus et espérer avoir un quelconque avenir.


Violence armée et République

La violence individuelle conduit souvent à une atteinte à l'intégrité physique, psychologique ou morale des personnes qui en ont été les victimes. La violence collective est, presque toujours, l'acte de folie d'un pays et d'une société qui nient, rejettent ou tuent une part d'eux-mêmes. La violence dont est porteuse tout coup d'État militaire est, invariablement, une aventure criminelle contre la nation, le peuple, l'État et ses institutions.

Le putsch du dimanche 8 juin 2003 n'est pas seulement condamnable en tant qu'acte subversif contre un régime. Il est haïssable pour la somme de haine et de fureur destructrices dont il est le vecteur, pour les abysses effroyables vers lesquelles il pouvait entraîner le pays tout entier. N'en déplaise à certains, ce pays est fragile, et nul ne saurait se prévaloir de colères légitimes, d'ambitions contrariées ou d'injustices subies pour exposer ce pays et son peuple, par les armes et par le sang, aux dangers de la haine et de la division, et aux calamités d'une guerre civile. La violence illégitime, celle du 8 juin moins que tout autre, n'est porteuse ni de rêve créateur ni de mission rédemptrice. Elle n'est - et elle n'est rien d'autre - que la mise en œuvre d'un projet mortifère.

La tentative de putsch a été mise en échec, les factieux éliminés, neutralisés ou en fuite. Le calme est peut-être revenu, mais nous avons mal à la Mauritanie. Nombre de certitudes et d'idées reçues se sont dissipées avec la fumée des canons. Le mythe de l'exemplarité du modèle démocratique mauritanien, déjà mis à mal par près de deux années de raidissement du régime, a volé en éclats. La conviction que la Mauritanie est un pays à part, protégé par une espèce d'immunité d'origine divine contre les désordres et le chaos, s'est pitoyablement effritée. Le système sécuritaire sur lequel se fondait les prétentions à la pérennité du régime a fait faillite. Le PRDS a montré au grand jour sa nature véritable ; une organisation vide de substance, dont la compétence se limite à organiser la fraude électorale et les marches de soutien motorisée où le soulagement veule des nantis le dispute à la peur de paraître moins zélé que le voisin. Plus grave, certainement, la superficialité de l'esprit républicain dans les corps constitutifs des forces armées nationales s'est révélée dans toute son étendue. La survie de la République a été due moins à une mobilisation de l'armée autour de la défense des valeurs et des institutions républicaines qu'à la farouche volonté d'une caste de sauvegarder ses privilèges. Si la République, ou plutôt la légalité constitutionnelle, fut sauvée, ce fut, presque, par inadvertance.

Le 8 juin est un puissant révélateur des impasses et des blocages, des déséquilibres et des clivages, des faiblesses et des insuffisances qui minent en profondeur le champs social et la sphère politique, et qui gangrènent le corps de la nation, et que l'on peut décomposer en cinq axes, dont les deux sont fondamentaux :

Une conscience nationale embryonnaire et un déficit de consensus national

La Mauritanie est une double construction. Celle d'un colonialiste éclairé et volontaire qui avait pour nom Coppolani, et celle de notre imaginaire qui, par un effort d'amnésie collective, essaie d'oublier cette part de notre existence que nous devons à l'illustre et détesté Français. Près d'un siècle de Mauritanie, dont plus de la moitié comme territoire colonial, suffit à peine pour semer les germes d'une conscience nationale véritable. Les politiques de dosage successives, la persistance des hiérarchies et des clivages traditionnels, les blessures non (ou mal) cicatrisées des événements de 89, la résurgence du fait tribal (encouragé par le régime actuel), et son instrumentalisation, à des fins politiciennes.

Une fracture sociale profonde

Aux anciennes hiérarchies, s'est superposée (et se substitue graduellement) une nouvelle division qui réduit la Mauritanie à deux mondes de plus en plus étrangers l'un à l'autre : celui qui parade dans les marches motorisées au volant de 4X4 et de grosses Mercedes, et celui qui n'a plus ni la force ni le courage de marcher pour crier sa faim et ses angoisses. Caricature ? À peine ! La même ligne de fracture qui traverse les Forces armées, de part en part, et oppose une caste rompue aux affaires, croulant sous les privilèges et une masse de militaires de tous grades croupissant dans la misère et rongés de frustrations et de colères rentrées.

Depuis bientôt vingt ans, le concept de l'État fort est au cœur de la théorie et de la pratique de gouvernement du régime. Le pouvoir de coercition et de répression s'est accentué dans des proportions stupéfiâmes. L'inauguration de l'ère démocratique, loin de freiner la tendance, semble, au contraire, l'avoir exacerbée. La combinaison du verrouillage politiques et du « tout sécuritaire » a fini par étouffer le processus démocratique. Ses effets pervers (refus de la critique, centralisation excessive, absence d'initiative des unités subalternes) ont failli devenir mortels pour ses propres concepteurs, les 8 et 9 juin derniers. En dépit de l'efficacité dont l'armée a, in fine, fait preuve, qu'il ait fallu mobiliser près de la moitié des forces militaires du pays (et les meilleures unités, de surcroît) pour venir à bout d'une trentaine d'officiers subalternes soutenus par moins de deux cents sous officiers et hommes de troupes, en dit long sur les failles et les dysfonctionnements du système national de sécurité.

Le développement du couple obstruction politique et « tout sécuritaire », est allé de pair -c'est un paradoxe - avec une déliquescence de l'État. Corruption généralisée, privatisation forcenée, la démission de l'État de ses fonctions régaliennes et de régulation, soumission de l'économie aux diktat des puissances de l'argent ont réduit 1' État à une coquille vide et le citoyen à une solitude impuissante. Même type de soumission au nouvel ordre mondial. Le désir de plaire aux nouveaux maîtres du monde et à leur allié israélien, a conduit le régime du président Ould Taya à contre courant de l'opinion de son peuple, violant ses sentiments les plus profonds, et suscitant une vague d'indignation que les récentes arrestations dans les milieux islamistes ne contribueront pas à atténuer.

Entre le verrouillage autoritaire des uns et les tentations aventuristes des autres, il est urgent de frayer de nouvelles voies. Par delà son caractère criminel, la tentative de putsch du 8 juin interpelle chaque citoyen de ce pays, et l'ensemble des acteurs du champ politique et de la société civile. En moins de 48 heures, les Mauritaniens (les Nouachottois, particulièrement) ont vécu, à un degré infiniment moindre, la tragique expérience des peuples du Rwanda, des Congo, du Libéria, de la Côte d'Ivoire, etc.

Il ne peut plus être question se complaire dans l'autosatisfaction ou dans les récriminations stériles. Il s'agit d'explorer des voies originales qui assurent la paix civile et autorisent une vie démocratique vivante qui ouvre des possibilités d'alternance. Cela se peut si le dialogue et la réflexion sont éclairés par deux vérités élémentaires. La première, c'est qu'une démocratie, même boiteuse, est préférable au chaos et aux confrontations violentes. La seconde, c'est que la défense de la République et des valeurs républicaines, ne peut-être l'œuvre de courtisans. Elle est la mission et le devoir de citoyens libres et conscients de leurs responsabilités.

La République est, par essence, une entité impersonnelle. Si quelques soudards ambitieux ou désespérés entreprennent de s'accaparer la chose publique, c'est que celle-ci était tombée dans le caniveau. Pour la relever, il suffit d'un peu de courage et de beaucoup de bonnes volontés.

Abdoulaye Ciré BA. Texte tiré du Calame


Hommage

Mort du colonel Mohamed Lemine Ould Ndiayane

L'honneur de la République

(Hommage à un homme dont j'aurais aimé être l'ami)

11 n'avait pas le physique de l'emploi. Pour un soldat, il avait la démarche maladroite, on dirait chaloupée. Il n'avait rien, ni du gros bras, ni du baroudeur, et sur son visage se lisait toute la gentillesse du monde. Il avait l'esprit et le cœur aussi larges que le sourire.

Nous n'étions pas des amis et nous nous sommes rencontrés à très peu d'occasions. Je l'ai connu à l'époque où il était capitaine ou commandant, et à chacune de nos rencontres il m'a accueilli comme un ami de longue date, avec une sincérité que je sentais profonde. Il n'avait ni ce mépris qui semble aussi naturel à certains officiers qu'une seconde peau, ni cette arrogance que presque tous arborent comme un étendard.

Le colonel Mohamed Lemine ould Ndiayane était la simplicité et la courtoisie faites homme. Un soldat civilisé. Il fut la preuve que cela se peut ! Et dans un milieu que les circonstances, l'ambition et l'argent semblent avoir irrémédiablement corrompu, un homme intègre. « Un innocent », me disait un de ces proches. Un pur, égaré dans une jungle aux allures de cour des miracles, où seuls, généralement, survivent les forts et les rusés.

Mais derrière cette timidité souriante qui exprimait l'essence de son être, il y avait un juste et un héros qui attendait son heure, et nous ne le savions pas. Nous ne savions pas qu'au matin du dimanche 8 juin 2003, il enfourcherait le cheval du destin, et entrerait dans la mort et dans l'histoire avec l'éclat d'un héros des temps anciens. À son poste de chef d'état major de l'Armée nationale. Au champ d'honneur. Sans ostentation. Et justement pour cela, avec panache.

Mort debout, emporté par un obus félon. Pour avoir refusé l'humiliation de l'armée dont il était le chef. Parce qu'il avait une haute idée de la Patrie, de son devoir de soldat, de lui-même.

Mohamed Lemine ould Ndiayane a vécu avec grâce.

Il est mort avec grandeur.

Il est l'honneur de la République.

Abdoulaye Ciré BA. Texte tiré du Calame



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