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Le Rénovateur No 23 affiche en première page les photos de 8 putschistes au milieu desquels se dresse la stature imposante de Saleh ould Hanenna, le supposé chef (il paraît qu’il n’a plus la même carrure). Au dessus, ce titre : « Putsch manqué du 8juin, 3 destinations hautement probables » En bas de page : « Les réactions, commentaires et analyses se poursuivent » Après la chaude alerte du 8juin, le bimensuel se demande si « tous les masques sont tombés ». Si les têtes qui « sont tombées au niveau de la haute administration ( après les réajustements au sein de l’armée et de l’appareil sécuritaire de l’Etat) se recensent « parmi les proches des mutins, certains observateurs estiment que le cachet tribal que revêt l’affaire ne doit pas empêcher l’Ėtat de mener toutes le investigations nécessaire pour arrêter les coupables et leurs complices, qu’ils soient militaires ou civils… ». Pour Le Rénovateur, «la perspectives des élections à venir doit inciter le pouvoir à la plus grande prudence » ; il le met « en garde », d’une part, « contre une possible exploitation de l’affaire par des adversaires politiques », d’autre part « contre la duplicité d’une bonne partie de l’électorat mauritanien, à travers les manifestations de ces derniers jours. » Dans tous les cas, le journal rappelle, tirant quelques « enseignements de l’après-coup, que « nous ne sommes pas à l’abri d’une menace ( contrairement à ce que croyaient beaucoup d’entre nous), que « notre démocratie a failli s’arrêter là, à un moment où on espérait tous que le pouvoir et l’opposition comprennent enfin que les Mauritaniens commencent à se lasser du statu quo qui fait camper chacun sur sa position ». Le journal cible pour le moment « trois destinations hautement probables » pour les putschistes en cavale : « le Sénégal et le Mali, en raison de leur proximité géographique, le pays de Mouammar Kaddafi, en raison de l’appartenance idéologique de Salah ould Hannena à la mouvance du nassérisme libyen », piste qui, pour Le Rénovateur, « semble être la plus sérieuse ». Avant de publier quelques interviews, l’une du député RFD El Alem ould Yacoub, la deuxième de Mohamed ould Maouloud, président de l’UFP et une troisième de Maître Fatimata Mbaye, en rapport avec le putsch, le journal rend hommage au « colonel Mohamed Lemine Ould NDiayane, chef d’Etat-major de l’armée, mort au nom de la défense de la patrie ; au capitaine Sall Amadou Elhadj qui, à l’ appel du devoir, y laissa sa vie (un rescapé d’Inal) ; au capitaine Mohamed ould Oudaa, tombé sous les balles des mutins quand, réveillé par les détonations, il alla prêter mains fortes aux loyalistes ; au colonel Niang Aziz, chef de cabinet militaire du chef de l’Etat qui, voulant lui aussi prêter mains fortes au commandant du BASEP, frôla la mort après une âpre bataille ». «A la grandeur d’une épreuve se révèlent les grands hommes. » Ainsi débutait l’hommage à l’honneur de ces officiers « d’une armée où malheureusement beaucoup ont troqué leurs treillis contre le costume d’hommes d’affaires ».
Retour sur L’Authentique du 18 juin, où Cheikh Aïdara fait le portrait de « Saleh Ould Hanana, 39 ans, chef des putschistes ». A côté, la photo de l’intéressé qui colle bien à la définition d’un « homme qui semble taillé dans un roc, la carrure imposante, le menton volontaire et la mâchoire endurcie ». Et sa présentation : « Ennemi public No 1 » Cheikh Aïdara retrace l’itinéraire de celui qui, « jeune lycéen à Aïoun El Atrouss, a laissé au souvenir de ses amis d’enfance l’image d’un élève frondeur. » Selon l’auteur de l’article, Ould Hanana est « nassériste jusqu’au bout des ongles, foncièrement opposé au programme du français dans l’enseignement. Ses joutes oratoires face aux jeunes démocrates sont restées ancrées dans la mémoire de ses condisciples ». « Issu d’une famille guerrière de l’Est, sachant déjà manier l’arme, il s’enrôle dans l’armée où il se retrouve dans son élément. » Une armée qu’il quittera cependant en 2000, « banni » de l’institution. « Il se fond dans l’ombre, se fait oublier par les Renseignement généraux… » « Pugnace dans l’adversité, il tisse sa toile » et, au souvenir de « Gamal Abdel Nasser et de Michel Aflaq, attise la fibre nationaliste arabe de certains de ses amis au sein de l’Armée ». Quand le terreau se fertilise de « l’arrestation des baasistes et des islamistes, des liens de la Mauritanie avec l’entité sioniste et avec les Etats-Unis, du recul de l’enseignement arabe… », Saleh ould Hanana commande des dizaines de blindés qui font trembler Nouakchott… » Il avait prévenu : « Vous m’accusez injustement et vous me renvoyez de l’Armée. Je ne l’oublierai jamais. »
Horizons No 1492 du dimanche 22 indique :« Suite à la tentative de coup d’Etat échoué, un vaste élan de solidarité et de soutien continue de se manifester à l’intérieur et à l’extérieur du pays ». Le quotidien national d’information, édité par l’Agence National d’Information (AMI), nous apprend par exemple qu’à Néma, « une marche a été organisée le samedi, à laquelle ont participé « toutes les formations politiques, notamment les militants du PRDS (Parti Républicain Démocratique et Social), du RDU (Rassemblement pour la Démocratie et l’Unité, de l’UDP (Union Démocratique et Populaire), du FP (Front Populaire) ». Près de 10000, selon l’Agence. « Un mouvement sans précédent qui a galvanisé les populations », affirme le journal. Des populations, arborant « des portraits géants » de Ould Taya, « qui ont tenu à exprimer massivement leur attachement à la personne du président de la République…, leur attachement à la légalité constitutionnelle et leur farouche condamnation de la tentative qui a menacé l’ordre, la quiétude, la sécurité et la stabilité du pays ». Toujours sur le coup d’état du 08 juin 2003Dans une édition spéciale datée du 12 juin 2003, la rédaction du Calame a réalisé un dossier sur le « putsch manqué du 08 juin 2003. Le journal présente d’abord ses « condoléances les plus attristées aux familles des hommes morts sur le champ d’honneur et souhaite que leurs vies ne soient pas perdues vainement, et que la Mauritanie saura profiter de la leçon qu’ils ont donnée ». Une leçon de rejet de toute forme de violence pour accéder au pouvoir, de courage et de sacrifices pour sauver les institutions républicaines dans une Mauritanie libre, unie et pour une démocratie véritable. Il projette ensuite « le film des évènements ». Nous ne reprendrons pas toutes les informations – assez fouillées du reste – livrées déjà par d’autres sources, chacune selon sa version, nous relevons surtout certains détails que nous croyons dignes d’être ajoutées, sinon rappelés. Par exemple quand « le chef des insurgés, l’ex capitaine de l’armée nationale Saleh ould Hanenna se rend à l’état-major et demande à tous les officiers présents de se rendre. ». Informé par ses hommes, « le colonel Mohamed Lemine ould Ndiayane refuse carrément d’obtempérer aux ordres d’un “hors-la loi”. Sans sommation…, les hommes de Oulld Hanenna envoient un obus qui tue Ould Ndiayane. Le groupe des officiers (plus d’une centaine) se rend sans coup férir avant de se faire conduire au BB» (Bataillon des Blindés). Selon Le Calame, vers 12heures ce lundi 08 juin 2003, « les insurgés contrôlaient presque tout mais ne savaient apparemment pas quoi en faire». La riposte « La riposte » et la reprise de la situation en main, dont « l’opération se termine lundi 09 juin aux environs de 11heures », seront l’œuvre conjuguée « du BASEP, de la sixième Région militaire, d’un renfort arrivé de Rosso sous le commandement du directeur du centre d’instruction de l’armée, des fusiliers marins et du bataillon d’Aleg », sous la supervision du Colonel Ely ould Mohamed Fall à qui Ould Taya aurait demandé « d’assurer le commandement ». Le pouvoir en tout cas, affirme Le Calame, « n’a rien vu venir », pris au dépourvu et ne sachant pas d’ailleurs « qui était loyaliste et qui ne l’est pas ».
A la lecture d’un encadré en première et en troisième page, une sorte de complainte signée Hindou Mint Aïnina sous le titre « Repensons la République », ce n’est pas le point de vue de la rédactrice en chef du Calame qui nous vient à l’esprit, mais le cri angoissé d’une Mauritanienne révoltée et dégoûtée face à un constat douloureux mille fois dénoncé. Et nous sommes de tout cœur avec elle quand elle accuse et dénonce : «Les motions de soutien, les vraies, devraient avoir eu lieu dimanche lorsque la République était en danger, lorsque les institutions allaient être vraisemblablement rayées ; c’est très facile après coup, messieurs les manifestants, de tirer sur des corbillards…Sauver la République ne doit pas être le fait des seuls militaires, mais celui de tous les Mauritaniens » [en amont d’abord]. Au lieu de jouer à la politique de l’autruche en faisant croire que rien ne s’est passé de si grave, que nous ne courons aucun danger, Hindou pense plutôt que notre sécurité ne pourrait être assurée que « si nous sommes prêts à défendre nos institutions » qui nous offriraient la possibilité « de discuter de nos vrais problèmes afin de leur trouver des solutions ». Sa colère enfle à juste titre quand elle martèle : « nous ne le serons pas tant que notre gouvernement est un r… de représentants de tribus sélectionnés selon des dosages dont la formule ne suit aucun ordre logique ». « Nous ne serons plus en sécurité tant que notre armée n’en est pas la garante au sein d’un système républicain qui nous engage tous. » « Nous ne le serons pas tant qu’il n’y aura pas un Etat de droit qui permet à chacun de recouvrer ses droits et de les défendre loin du clientélisme et du commerce qui ont prévalu jusqu’ici. » « Nous ne serons réellement en sécurité que lorsque les manifestations ne se feront pas pour le vainqueur, mais bien avant, pour défendre la République contre ceux qui tentent de la démolir. Quand nous sortirons dans la rue non pas pour dire uniquement vive le Président, mais pour crier d’abord vive la République, vive la Mauritanie ». Pour que vivent toutes celles et tous ceux qui partagent le coup de gueule et surtout de cœur de la sympathique Hindou Mint Aïnina.
Restons toujours avec Le Calame qui, dans son édition hebdomadaire du 18 juin 2003, affiche en première page de couverture : « La grande lessive » où MOH annonce, avant d’entrer dans les détails de ce qu’il considère comme « un véritable 11 septembre à l’échelle de la Mauritanie, disent certains », que « le putsch manqué du 08 juin dernier continue de peser sur la vie du pays. Ses principaux instigateurs, notamment le commandant Mohamed ould Cheikhna et l’ex-commandant Saleh ould Hannena, sont toujours en fuite.Le président Ould Taya a changé tous les chefs de corps de l’armée. Et a limogé certaines personnalités civiles, liées par le sang à quelques-uns des putschistes…D’autres changements sont annoncés ». L’auteur de l’article ne manquera pas au passage de noter le paradoxe d’un événement que le pouvoir feint de « banaliser » pendant que des « mesures de sécurité draconiennes sont appliquées à Nouakchott et dans le reste du pays », et au moment où sont opérés des changements au niveau des hauts responsables de l’armée », le tout sur fond de « grandes messes organisées par le PRDS dans toutes les villes en guise de soutien au Président ». Evoquant pour les putschistes en cavale la possibilité d’aller du côté de la frontière Mali-Algérie-Mauritanie, sanctuaire du Front Azawadi qui « y sème la terreur et l’insécurité », MOH pense que «si cette piste se confirme, on pourrait bien s’attendre à ce que les mutins en fuite soient tentés d’organiser une guérilla contre le régime ». «Que voulaient les putschistes ? » se demande le journal. Qui, à ce propos, livre des « bribes d’informations » : «les putschistes allaient constituer ce qu’ils appellent un “comité militaire provisoire” chargé de diriger le pays pendant une période de transition de trois mois» Une « autre question que se pose l’opinion est le sort des putschistes arrêtés », surtout quand on sait que « la manière avec laquelle ils envisageaient la prise du pouvoir se résumait à la liquidation physique du président e la République ». L’article se termine par une mise en garde au régime contre une « chasse aux sorcières » d’apparence tribale ou régionale. « L’opinion attend du pouvoir davantage d’ouverture, pas la crispation. L’apaisement de la scène politique est la seule garantie de la stabilité et de la pérennité des institutions de la République. » Un autre encadré a attiré notre attention . A la page 8, l’ambassadeur Amadou Racine Bâ et le commandant Diyah Ould Dah emboîtent le pas à Abdoulaye Ciré Bâ dans son hommage au Colonel Mohamed Lemine Ould Ndiayane. Le premier, « qui a eu le privilège de connaître le Colonel et l’honneur d’être l’un de ses innombrables amis », écrit qu’ACB « ne pouvait mieux dire ni mieux décrire le personnage ». Le second, « ancien officier supérieur ayant servi sous ses ordres directs à l’Etat major national » « affirme et témoigne de la sincérité de ce qu’a écrit Abdoulaye Ciré Bâ ». Putsch manqué : La semaine d’après, quoi de neuf ? C’est ce que La Tribune du 18 au 26 juin tente de nous dire, dix jours après ce qu’il appelle « ce tremblement de terre qui a failli nous emporter ». Rien, nous coupe-t-il l’appétit, car « les autorités ont choisi de faire le silence autour de la question ».Ould Oumère réconforte cependant le lecteur en lui faisant découvrir un aspect de l’histoire de Saleh Ould Hannenna et de deux amis « autour » de lui, les capitaines Moktar ould Telli et Yarba ould Baba Ahmed, tous les trois accusés en 2000 de vouloir renverser le régime avant leur radiation de l’Armée nationale. Suivant l’itinéraire de chacun à partir de là, MFO décrit certains des personnages clés, tous ayant cependant « en commun l’appartenance à une classe d’âge, des affinités parentales et/ou de modèle, la rancœur vis-à-vis d’un système…etc. » : « Ould Hannena, adulé et craint parmi ses anciens camarades de grade… » qui gagne d’abord « la sympathie du commandant Mohamed ould Cheikhna, pétri de nombreuses qualités », « surdoué » et « respecté au sein de ses pairs ». C’est lui qui « regroupera un noyau dûr ayant pour tâche de préparer et d’exécuter le plan… » Projet dont l’échec s’expliquerait en partie par « la panique qui s’empara des putschistes quelques heures avant le déclenchement de l’opération initialement prévue pour 3heures du matin. Deux ou trois parmi eux étaient en effet absents » au dernier rendez-vous. Il fallait anticiper. Quand ce fut fait, Ould Taya se devait en personne « de coordonner, ordonner et diriger effectivement les opérations. Aucune voix civile, aucune réprobation d’un politique “ami”ne se fera entendre », déplore Mohamed Fall ould Oumère. Jusqu’au dénouement que l’on sait. Quelques leçons que le journal tire : « Les effets de cet équivalent d’un coup d’état changeront définitivement toutes les donnes en Mauritanie :d’abord le pouvoir qui devra tout chambouler » ( ce qui semble déjà s’opérer en particulier au sein de l’Armée). Premières mesures qui, selon MFO, « ne sont pas aussi déterminants que ça. Ils sont en deçà de la grande révolution qu’on attendait. Le Président n’a pas voulu toucher à l’édifice qu’il a bâti des années durant. Pourtant, quand les murs tremblent et qu’ils sont fissurés, la solution est de les rebâtir. Non de les retaper. » En terme clair, pour MFO, et à ce stade des faits, tout ce remue-ménage n’est rien d’autre que colmatage et saupoudrage. Salut !
Le Quotidien Nouakchott Info du jeudi 05 juin publie, dans sa rubrique « Politique », un article pas du tout tendre dont le titre annonce la couleur : « Qu’est-ce qui fait courir l’AJD ? » D’entrée de jeu, l’auteur de l’article attaque « Mody Cissé et ses amis, membres fondateurs de la formation dissoute ( AC ) » qui, à travers « leur discours de toujours, essaient de créer un problème de " mauritanité " à l’ivoirienne ». Ce qui, d’après Mohamed ould Khattat, est à l’origine de leur mésentente avec le FUO lors de l’élaboration de la charte de celui-ci, surtout en ce qui concerne « l’identité de la Mauritanie et des langues nationales ». Le FUO propose deux définitions: 1) «Mauritanie, pays islamique, arabe et africain », 2) «Mauritanie, pays islamique composé d’Arabes, de Pulaar, de Sooninkés et de Wolofs ». A quoi l’AJD oppose : «Mauritanie pays islamique composé d’Arabes et de Négro-africains », définition rejetée par les autres formations du FUO « qui y voient une connotation raciste et quelque peu provocatrice». En annonçant son « retrait du Front Uni de l’Opposition en gestation et de tous ses démembrements », l’AJD affirme clairement sa « conviction politique constituée autour d’une revendication identitaire, pertinemment colorée ». L’article, qui se demande si « l’AJD veut jouer la carte de la mauritanité comme discours de campagne présidentielle », pose la question : « Mody Cissé se veut-il un Alassane Ouatara auquel le concept de la mauritanité servira de cheval de bataille… ? » Pour Mohamed ould Khattat en tout cas, auteur de l’article, « rien n’est moins sûr ». La
tentative de coup d’état du 08 juin 2003 vue par la presse nationale Dans un titre évocateur « les 48 heures qui ébranlèrent Nouakchott », La Tribune N°382 du 12-06-03 livre au lecteur des informations assez fouillées sur le déroulement des évènements, l’identité des auteurs, etc., une « tentative sans précédent, dans sa forme comme dans son fond ». Du jamais vu depuis bientôt 22 ans ! s’exclame l’auteur de l’article qui se réfère à la tentative de coup d’état de1981 qui avait vu l’utilisation des armes. C’était le 16 mars. Il nous plonge d’abord dans les détails d’un film où se mêlent des images et des sons de cauchemar, qui commence le 08 juin vers 1 h 30, et qui s’achève dans la matinée du lundi 09 : « des chars qui attaquent et un avion qui bombarde le palais présidentiel, le Président Maaouya en route vers le camp des gardes pour diriger la contre-offensive, la DCA qui intervient pour la première fois, les putschistes qui tuent le chef d’état-major avant de maîtriser les lieux et de mettre aux arrêts tous les officiers supérieurs présents ». Il nous parle ensuite des officiers loyalistes qui se réorganisent pour la contre-attaque, dénonce ceux de la gendarmerie (son chef le colonel Nne ould Abdel Malek et ses collègues, le colonel Sidi ould Riha de la Sonelec, le colonel Ndiaga Dieng des douanes et le colonel Ahmedou ould Kory du PDU) qui « ne feront absolument rien du tout pour voler au secours de la République ». A
partir de l’instant où les mutins ont libéré des prisons « les
criminels de tous ordres » et les pillards entrepris leur œuvre dévastatrice,
« les Mauritaniens avaient fait leur choix : l’ordre contre le désordre,
la légalité contre l’illégalité » écrit MFO. Pour les militaires
comme pour les civils, ce « dimanche sera le jour le plus long »,
mais « la République est sauve ». Dans
la deuxième partie de l’article, le journal pose l’une des questions qui
intriguent : « Qui sont-ils ? » Avec prudence, il se
hasarde à les identifier, excluant d’emblée l’élément tribal et /ou régional,
ce qui est réconfortant, indexant plutôt des « nationalistes arabes
d’obédience kaddafistes(Nassériens), issus de plusieurs régions du pays ».
Et il publie une liste « partielle » de 22 officiers censés
« avoir pris les commandes de l’opération », dont beaucoup
« sont morts au combat, d’autres faits prisonniers, le gros de la
troupe, surtout ses chefs encore en fuite » . L’Edito de L’Eveil Hebdo No 483/11/6/2003 titre : « Plus jamais ça ! » et assimile le coup d’état à « un acte criminel que tous ceux qui ont un brin de conscience se doivent de réprouver et de condamner ». Il se demande par ailleurs si « ceux qui ont tenté de reprendre le pouvoir par la force sont dans l’ère du temps », à l’heure où ces formes de luttes sont désapprouvées partout dans le monde, où en Mauritanie « on s’initie tant bien que mal à la démocratie même si elle est encore imparfaite… » Mamoudou Sy souhaite que l’échec des putschistes nous incite à une profonde réflexion à travers « plus d’ouverture, de tolérance et de dialogue…pour finir définitivement avec les démons de la violence… » Dans un long article intitulé : « Tentative avortée de putsch, Tout sur les évènements » on relève, en suivant la chronologie des faits, une « mention spéciale pour la population » de Nouakchott qui a « fait preuve d’un calme olympien » au lieu de succomber à la « panique des habitants sur laquelle, semble-t-il, misaient les insurgés », « la gendarmerie encerclée où on se regardait en chiens de faïence …» Au passage, l’hebdo rend hommage « au vaillant chef d’état-major, le colonel Ndiayane, mort au front face aux putschistes en commandant ses troupes… » « Un homme honnête et courageux », « la Mauritanie perd un officier supérieur d’une grande valeur » « La Démocratie déconnectée » est un article reproduit à la page 6 du quotidien Nouakchott Info où son auteur, Ralph Dahrendorf affirme : « La démocratie en tant que gouvernement élu par le peuple va mal et ce à travers le monde entier. En un sens, le peuple a perdu la foi dans les élections démocratiques. » Pour étayer cette conviction, il s’appuie sur certains constats (tels que « l’électorat n’a plus confiance en ses politiciens » qu’il développe avant de conclure : « …Repenser la démocratie et ses institutions doit rester la principale priorité de tous ceux qui tiennent en estime la constitution de la liberté. » Merci pour cette source ! Le Rénovateur N°22 nous introduit dans ses pages à travers : « PROCES DES BAATHISTES : Le verdict est tombé. »; «L’AJD se retire du Fuo ». Nous reviendrons sur ce bimensuel de même que sur Le Calame et L’Authentique du début de juin.
L’Eveil Hebdo No 482 du 03 juin 2003 titre en première page : « Baathistes : Un procès sur fond de crise » où il publie la liste des dix membres du parti EN-Nouhoud jugés le 29 mai dernier. Verdict : « trois(3) acquittements, six(6) condamnations à trois mois de prison avec sursis et deux condamnations à six mois de prion avec sursis. » Le journal évoque au passage un « vieux conflit de compétence entre deux instances rivales au sein de la Cour.» L’une, représentée par le bâtonnier Mahfoudh Ould Bettah que les détenus avait choisi pour « diligenter un collectif de soixante avocats », l’autre, par Maître Mélaïnine Ould Khalifa. Le premier et son collectif se sont vus opposer un refus catégorique à leur disponibilité de défendre les détenus, pour le motif qu’ils ont été constitués « sans l’avis du second », considéré par les autorités judiciaires comme « le bâtonnier officiel ».On assiste, selon le journal, à « une dispute qui n’a, visiblement, que trop duré » entre les deux bâtonniers qui revendiquent chacun « le statut de légalité et de suprématie au sein de la Cour ».A la page 2 du même numéro, Weddou signe un article intitulé « l’hémorragie du parti AC dissous continue ». Un titre qui se justifie à la lumière des informations livrées : « …des démissions quasi régulières depuis que les leaders de celui-ci ont accepté d’adhérer au parti APP d’obédience nassérienne. » Cette saignée aurait vraisemblablement commencé « depuis le 24 avril, date de l’arrivée du Président Ould Taya dans la ville économique». Près d’un millier de démissionnaires de l’ex AC de Messaoud, selon le journal.L’article se livre ensuite à une présentation des démissionnaires, dont le théâtre des opérations se déroule à Nouadhibou et dont les principaux acteurs sont « des responsables syndicaux de la CLTM, d’anciens secrétaires généraux des sections du parti, des conseilles municipaux », tous ayant été « reçus lors de la visite présidentielle ». Il parle surtout d’un groupe curieux « dénommé groupe de l’unité, qui vient de déclarer son ralliement au parti au pouvoir », qui « met en exergue les améliorations constatées… » et qui, pour cette rason, remercie « tous ceux qui ont contribué à la formation de leurs opinions », citant nommément le maire, le wali et le trésorier régional de Nouadhibou.En jetant un coup d’œil à la page 4, on apprend que le « le Front Uni de l’ Opposition (Fuo) a organisé le mardi dernier à la place de l’OMVS un meeting de soutien aux personnalités politiques et religieuses arrêtées ces dernières semaines par les autorités. Des centaines de personnes se sont rassemblées à cette occasion, notamment les militants des partis membres du Front pour donner à l’événement tout son éclat » L’occasion pour les différents leaders politiques de « dénoncer tour à tour ces arrestations » qui, selon eux, « s’inscrivent sans doute dans le complot de l’Etat mauritanien contre les réfractaires à l’oppression et au colonialisme américano- sioniste… »La Tribune N°181 du 29 mai 2003 revient sur le dossier des «Islamistes» à travers ce qu’il appelle «la cabale des dévots». Sous la plume de son directeur, le journal pointe du doigt le pouvoir, accusant les autorités du pays de «tenter désespérément de faire peur, d’encourager la délation par le biais de numéros de téléphone verts destinés à prévenir tout comportement étrange…», le tout sur fond de «déploiement impressionnant de forces de sécurité…» Pourquoi cette psychose ? se demande le journal. Et pourquoi ce « bâton aveugle qui frappe au hasard ? Mohamed Fall ould Oumère en tout cas se montre très sceptique quant aux accusations émanant du pouvoir, soupçonnant plutôt une certaine montée de la mouvance islamiste face à « l’incapacité de l’opposition démocratique à imposer sa voie ». Une montée qui « inquiète le candidat Maaouya à la veille l’élection présidentielle de 2003 ». D’où toutes ces gesticulations pour divertir et neutraliser les «Ould Dadaw, Ould Addoud et autres Jemil ould Mansour…» L’article s’achève sur une alerte : « tous les ingrédients de la violence politique sont réunis chez nous…Evitons de jouer avec le feu ». Suit une liste partielle de personnes interpellées par la police dans le cadre d’une dernière vague d’arrestations.
Dans le même numéro, Mohamed Vall ould Oumère signe un éditorial d’un autre ton. Il affirme : «La violence qui s’est abattue ici et là est aveugle. Ses victimes sont en général des musulmans, des civils innocents et désarmés. » Il accuse : «Les auteurs appartiennent à ces organisations criminelles dont l’objectif premier est de terroriser ; ils participent à l’avilissement de nos sociétés, à leur asservissement.» Il enseigne : «La violence est l’ennemie de la démocratie, de l’homme. Ceux qui la pratiquent ne peuvent être considérés comme martyrs, surtout en terre d’islam.» Il magnifie enfin «la résistance du peuple marocain au terrorisme, dans un élan de solidarité “nécessaire” pour préserver des acquis démocratiques.»
Ailleurs, dans un post-scriptum en dernière page, le journaliste ne met pas de gants pour charger la Mauritanie qu’ une de ses connaissance présentait comme «un pays dé concertant», «passant allègrement d’un extrême à un autre sans préavis ni transition, que ce soit au niveau de nos relations avec l’autre, ou dans la gestion de nos propres affaires». L’illustration de ce tableau se fait à travers certains comportements étranges et des paradoxes : tantôt «passer pour un pays à risques, tantôt sembler procéder à des équilibres internes, dans les deux cas s’affichant dans la coalition internationale contre le terrorisme». Pour La Tribune, ceux qui sont interpellés dans les rangs des islamistes ne sont pas la bonne cible ; «le danger est ailleurs». Et de dénoncer alors «une sortie pour le moins inexpliquée d’un membre du Conseil islamique à la TVM qui traîne dans la boue le cheikh Mohamed Salem ould Addoud ; un autre « crime de lèse majesté est commis à la RM contre des ulémas et des érudits comme Ould Dadaw par un sombre personnage qui, “au nom du peuple mauritanien”, demande la “pendaison des prisonniers” ». Encore une dérive et un amalgame: « deux inconnus parlent clairement des évènements douloureux de 89 », au moment même où les chefs d’état de l’OMVS, «dans une atmosphère réellement cordiale, terminait leur conférence à Nouakchott», où c’est la «grande idylle entre Wade et notre président, et où règne une ère d’éclaircie entre le Sénégal et notre pays». « Pourquoi évoquer ces évènements douloureux ? » s’interroge le journal ? Peut-être pour « susciter un élan de cohésion nationale ». Pour Mohamed Fall Ould Oumère, l’auteur de l’article, les émissions de la TVM ne seraient certainement pas de simples dérives. Il s’agit plutôt d’une « politique délibérée participant à l’entretien et à la confusion générale et de la psychose qui caractérisent ces jours…occultant au passage d’autres grands dossiers pourtant prioritaires »… Ce qui est dit est dit.
Le Calame No 393/18/mai/2003 : Sur les arrestations En première page, le journal titre : « Arrestation des islamistes » Dans ce qu’il appelle « la chasse préventive », Le Calame cite d‘abord deux leaders islamistes (Mohamed El Hacen ould Dedow et Jemil ould Mansour), six imams de la capitale et trois prêcheurs à Nouadhibou, toujours entre les mains de la police politique. Motif : « utilisation des mosquées en vue de l’embrigadement des jeunes pour des menées subversives et suspicion de connexion avec les milieux terroristes et extrémistes à l’étranger ». Toujours détenus, « malgré l’appel lancé par l’imam de la mosquée centrale de Nouakchott en faveur de leur libération ». Au même moment, ajoute l’auteur de l’article, « les Faqih alliés au pouvoir multiplient les interventions sur les ondes de la Radio et de la Télévision nationale pour charger les prévenus ». Quant à la rue, « très attentive, elle est restée jusqu’ici plus ou moins calme », l’élan de solidarité des premiers jours s’étant « essoufflé… » à l’exception de celui « des épouses des détenus qui continuent leur mouvement de protestation… » Se faisant l’écho d’une certaine opinion, le journal pense qu’à travers certains faits, le pouvoir voudrait que les faqih « se désolidarisent et même dénoncent « ces égarés ». Selon Le Calame, le pouvoir veut, à l’instar des pouvoirs arabes, étouffer dans l’œuf les mouvements religieux qui constituent, selon eux, un danger pour la stabilité… Et pour étayer l’affirmation selon laquelle le pouvoir a toujours mené un combat permanent contre les islamistes, l’auteur de l’article énumère, à travers divers évènements, des mesures allant dans ce sens : « interdiction aux islamistes d’avoir leur propre parti au lancement du processus démocratique ; emprisonnement en 1994 de dirigeants islamistes ; interdiction des associations Aïcha et Mouss’ab et, à la faveur de la défaite de l’Irak, volonté évidente de régler leur compte à ces islamistes depuis qu’ils semblent afficher une nouvelle santé après une certaine période de repli consécutif à la répression et à l’intimidation dont ils ont été alors victimes. Même si les motifs avancés aujourd’hui (principalement l’utilisation des mosquées à des fins politiques) diffèrent de ceux qui justifièrent leur répression des années passées, Le Calame affirme que les arrestations actuelles s’inscrivent bel et bien dans le combat que le pouvoir poursuit contre la mouvance islamiste…suscitant en plus cette fois un débat entre faqih où, malheureusement, « seules la voix et la version du pouvoir ont été entendues » (à la Radio et à la Télévision nationale ). L’article
se termine sur un ton aigre-doux : « les détenus n’iront jamais
devant la justice, même si leur libération pourrait être retardée par les
attentats survenus au Maroc voisin. » L’Authentique du 17/mai/2003 (et non juin), dans ce qu’il appelle « Affaires des islamistes », publie des extraits de l’intervention du Premier ministre Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna, lors de sa visite à la maison du livre du Ksar, où celui-ci « est monté au créneau, s’attaquant avec une virulence sans pareil, aux mouvements islamistes » et pour qui, « il n’y a aucun doute, les réseaux d’El Kaïda ont essayé de déstabiliser le pays, en utilisant les Oulémas et les imams ». Selon le journal, « dans une longue diatribe prononcée dimanche 15/5/03, le Premier ministre a justifié les dernières arrestations des islamistes en Mauritanie par leur velléité de déstabiliser le pays », « rappelant les troubles de 94 et de 2000, établissant des liens entre des réseaux internationaux d’El Kaïda et les mouvements islamistes en Mauritanie… » Voici, rapporté par L’Authentique, l’un des derniers extraits du réquisitoire pour le moins accablant du Premier ministre : « …Tous ceux qui ont à cœur leur propre sécurité, celle de leurs biens et de leur pays, la pérennité d’un Etat prospère, doivent affronter fermement et ouvertement ces mouvements. Nous sommes tous concernés et aucun d’entre nous ne doit lier sa responsabilité et sa réaction à celle de l’autre. Il s’agit de destin d’une Patrie, d’une Nation, d’un Peuple et chacun parmi nous est convié à jouer son rôle et assumer ses responsabilités face à l’action de traîtrise de ces mouvements qu visent à remettre en cause nos acquis… Tous les pays victimes des agissements de ces mouvements sont soumis à des procédures d’exception et à l’Etat d’urgence. Nous devons comprendre que le niveau de conscience et de vigilance auquel nous aspirons ne peut être obtenu que d’un peuple instruit, capable de déterminer ses intérêts et de faire la différence entre le bien et le mal ». Sur un autre tableau, L’Authentique No121 du 12/5/2003, avait annoncé en première page : « De sa prison à Aïoun Chbih nous écrit… » « Réflexion sur la mondialisation, l’Irak et autres choses… » Voici, publiée dans son intégralité, la lettre du président du Front Populaire, de sa prison à Aïoun où il est détenu depuis le 08 avril 2001.
L’Eveil Hebdo N° 480, dans son édition du 20 mai 2003, publie une interview exclusive du président de l’UFP, Mohamed ould Maouloud. « Un Maouloud serein au verbe facile… L’homme nous a livré sans faux fuyants ses sentiments… » En première page, un passage de l’interview, chargé de signification, est mis en exergue: « Il y a entre l’UFP et le RFD un non-dit, et le jour où il sera dit, les choses se décanteront. » Une affirmation quelque peu troublante pour le lecteur non averti, mais qui, en vérité, résume admirablement l’absurdité d’un combat insensé que le second mène contre le premier, obstinément et sans relâche. |
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